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Biographie de Célestin FREINET

vers un grand portrait de Célestin
Connaissez-vous les invariants de Célestin Freinet ?
NON  
A. de 1920 à 1928
B. d’octobre 1928 à juillet 1935 (Saint-Paul-de-Vence)

C. d’octobre 1935 à mai 1940 (école Freinet de Vence)

D. A l'épreuve de la guerre
E. 1946-1966 : Affirmation de l'École Moderne et de l'I.C.E.M.

 

Bibliographie

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

A. de 1920 à 1928

15 octobre 1896 : naissance de Célestin Freinet à Gars.

Mobilisé dès 1915, il est grièvement blessé au poumon droit, près de Soissons. Le 1er octobre1920, Célestin Freinet est nommé instituteur adjoint, à Bar-sur-Loup (Alpes maritimes).
Physiquement diminué, les médecins l'ayant condamné à "la chaise longue sous les pins", Célestin Freinet constate son impuissance à instruire les enfants par les méthodes traditionnelles. La classe de 35 élèves l'épuise. Il en est réduit à improviser une pédagogie personnelle qui concilie ses possibilités et celles des enfants.
Dès 1920, Freinet combat dans la première organisation syndicale de l'Enseignement. Freinet écrit dans l’École émancipée et Clarté ( "Vers l’école du prolétariat").
En 1924, Freinet y dénonce l'endoctrinement idéologique de l'école : « ... Désormais, sous les grands mots de justice, de fraternité, de patrie ou d'humanité, se cachent les vrais mobiles d'action : les intérêts capitalistes... »
Il songe, à un moment donné, à préparer l'Inspection primaire. Ses études lui permettent de se familiariser avec les maîtres de la pédagogie et d'étudier tous les mouvements d’Éducation nouvelle qui foisonnent au sein de la pédagogie internationale. Il lit Rabelais, Montaigne, J.J. Rousseau, Pestallozi, Mme Montessori, Cousinet, Decroly, Makarenko, Korczak, Piaget, Ferrière... qui l'aideront dans sa tâche d’éducateur.
Il participe au Congrès de la Ligue internationale de l’Éducation nouvelle à Montreux (Suisse) et y rencontre les pédagogues de l'Institut J.J. Rousseau de Genève, A. Ferrière, Claparède et Bovet (le livre de A. Ferrière, « L’École active », aura une grande influence sur Freinet), Cousinet venu rendre compte de ses premières expériences de travail par équipes, Coué,... Freinet est à la fois emballé et déçu, car il apparaît un décalage entre cette éducation nouvelle, soucieuse de donner à l'enfant un rôle éducatif, applicable pour les écoles possédant le matériel éducatif et la pauvre école de Bar-sur-Loup si déshéritée, si dénudée, si inadaptée...
A son retour, Freinet s'engage à fond vers le matérialisme scolaire. ...Il prend conscience plus encore de la dépendance étroite de l'école et du milieu et combien la société conditionne l'école et l'enseignement. Il n'y a pas de pédagogie sans que soient remplies les conditions économiques favorables permettant l'expérience et la recherche. Il n'y a pas d'éducation idéale, il n'y a que des éducations de classes...
Nommé professeur de lettres à l'E.P.S. de Brignoles à la rentrée scolaire (1923), il reprend, le soir même, la direction de Bar-sur-Loup. Il continue à observer ses enfants: « A leur contact, il comprend définitivement qu'il lui faudrait chercher dans la vie même de ses enfants les éléments de son travail pédagogique, s'appuyer sur leurs intérêts profonds pour satisfaire ce besoin d'activité dont Ferrière avait dit, si magistralement, la nouveauté dans son École active. »
Tous les après-midi, l'école s'ouvre sur la vie du village. Au retour de ces « promenades », on rédige un petit compte rendu, les enfants le lisent, l'écrivent sur leur cahier et l'illustrent : c'est la naissance des enquêtes préconisées par les Instructions officielles de 1923 ! Pour l'époque, cette « école ouverte sur la vie » était déjà quelque peu révolutionnaire.
Avec quelques personnes dévouées, Freinet crée à Bar-sur-Loup, une coopérative de consommation et de vente des produits locaux. Freinet partage ainsi son temps entre sa classe où il innove et cette œuvre sociale commune au village.
Mais le grand souci de Freinet reste évidemment sa classe, totalement inadaptée aux besoins des enfants. Il cherche, cherche.

En feuilletant une revue, courant 1924, Freinet voit, en réclame, l'annonce de la presse CINUP. C'est la découverte de l'outil. L'IMPRIMERIE A L'ECOLE EST NEE !
Quel enthousiasme malgré le sourire sceptique de la plupart ! Cet outil, "l'imprimerie", va orienter totalement sa pédagogie : il va faire entrer la pensée de l'enfant dans le contexte scolaire : le texte libre fait de l'enfant l'acteur de sa propre éducation. Il appelle des activités libres, une organisation nouvelle et rationnelle du travail, une discipline nouvelle coopérative et, au-delà, il élargit le complexe éducatif par la correspondance scolaire. Freinet, dans les pages de la revue « Clarté » et celles de la revue « L’École émancipée », commence à jeter les bases d'une technique pédagogique qui va révolutionner les méthodes d'enseignement : Plus de manuels scolaires ! « L'enseignement est lié à la vie et basé sur l'intérêt de l'enfant. » Freinet rend compte des résultats favorables de son expérience d'imprimerie à l'école dans l'E.E., revue de la fédération de l'Enseignement : c'est ainsi qu'un premier disciple, René Daniel, vient se joindre à ses efforts. Un premier pont est jeté entre Saint-Philibert-Tregunc (Finistère) et Bar-sur-Loup. La correspondance interscolaire vient de naître. « Maintenant, nous ne sommes plus seuls ! » pourra écrire Freinet.
Sur le plan social, Freinet continue son action dans le cadre coopératif à Bar-sur-Loup : une épicerie, une boucherie et une boulangerie coopératives voient le jour.
D'autre part, Freinet devient secrétaire du syndicat de l'Enseignement. Dans le fil des courants politiques et idéologiques des années 1920, Freinet prend connaissance des œuvres de Marx, Engels et Lénine.
En 1925, il visite avec d'autres pédagogues des écoles à Léningrad, Sakatov, Moscou et Stalingrad. Il est fortement marqué par la pauvreté et les rapports simples, en Russie, qui le font beaucoup penser à sa pauvre école de Bar-sur-Loup. Freinet relatera ses impressions sur les écoles soviétiques qu'il a visitées et ses contacts avec les pédagogues russes dans une brochure : "Un mois avec les enfants russes". Son école doit éduquer et former par la vie, pour la vie, par le travail.
Freinet crée un syndicat communal dans son village. Une petite usine électrique voit le jour. Cette entente solide avec les travailleurs ouvriers et paysans du village pour une œuvre commune le réconforte.
De nouveaux adeptes se joignent aux deux premiers correspondants imprimeurs. Élise vient travailler avec Freinet à Bar-sur-Loup et le secondera d'une façon merveilleuse. Le cercle s'agrandit : dix écoles avec une imprimerie dont une à Oran, une à Bruxelles, une chez le grand pédagogue suisse A. Ferrière. Freinet fait le bilan de ses deux dernières expériences dans le premier numéro de « L'Imprimerie à l'école », paru en février 1926. Freinet met au point de nouvelles presses, pendant que plusieurs copains volontaires se partagent diverses tâches. Nous assistons à un travail d'équipe au niveau des camarades imprimeurs. Tout se fera en coopération étroite.
C'est ainsi que paraîtra, en 1927, la première édition de « La Gerbe » (corevue d'enfants, composée et imprimée par les écoles travaillant avec une imprimerie). agrandissement
De nouvelles adhésions nationales et internationales ont lieu et le Premier congrès des Imprimeurs se tiendra en août 1927, à TOURS avec 41 participants.
En octobre 1927, création à BORDEAUX de la Cinémathèque coopérative de l'Enseignement laïc qui deviendra, lors du Deuxième congrès de l'Imprimerie à l'école, à PARIS (août 1928), la Coopérative de l'Enseignement laïc (C.E.L.). Décisions prises lors de ce congrès : Un bulletin mensuel de 32 pages assurera la propagande, groupera les critiques, les conseils, mettra au point matériel et technique, étudiera les divers conseils pédagogiques que posent les différentes techniques. Le titre sera : « L'Imprimerie à l'école, Le Cinéma, La Radio et Les Techniques nouvelles d’Éducation populaire » (revue pédotechnique mensuelle, organe de la Coopérative de l'Enseignement laïc). Au cours de cette année scolaire (Pâques 1928), C. Freinet est désigné par l'Internationale de l'enseignement comme délégué au congrès pédagogique international de Leipzig.
Après huit années de classe à Bar-sur-Loup où il était seul au début, Freinet est nommé à Saint-Paul-de-Vence.

B. d’octobre 1928 à juillet 1935 (Saint-Paul-de-Vence)

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Les difficultés scolaires réapparaissent ici avec là même acuité qu'à Bar-sur-Loup... peut-être même plus !
Dans le numéro de décembre 1928 de l'Imprimerie à l'école : "Vers une méthode d’Éducation nouvelle pour les écoles populaires", Freinet fait le point, soulève des questions de fond qui caractériseront son œuvre par rapport à celle de grands pédagogues qu'il a pourtant admirés (tel que Ferrière). D’une part, c’est l’enfant qui doit s'éduquer, s'élever, avec le concours des adultes. La vie de l'enfant, ses besoins, ses possibilités sont à la base de la méthode d'éducation populaire. D’autre part, il faut placer les problèmes pédagogiques dans leur contexte social.
A SAINT-PAUL-DE-VENCE, va s'affirmant la richesse d'un complexe éducatif: Dès 1929, Freinet lance le projet du fichier scolaire coopératif (F.S.C.), textes d'auteurs venus en complément des textes libres et déjà, dans sa classe, il utilise la Bibliothèque de travail (B.T.) dont l'édition démarrera au début de 1932. Élaguant les difficultés scolastiques qui persistent encore dans sa classe sans manuels scolaires et sans tableaux muraux, il continue l'apprentissage libre personnel innové à Bar-sur-Loup et tout spécialement celui de la lecture et de l'écriture. C'est la mise en marche de ce qui deviendra la Méthode naturelle qui prendra toute son ampleur par la simplification magistrale de la grammaire: La Grammaire en quatre pages (1931 ) C'est aussi le lancement du Fichier autocorrectif de calcul avec, à la base, la recherche par les enfants eux-mêmes des problèmes divers que pose la vie. On approfondit la géographie locale, l'histoire, la connaissance de l'enfant.
Des problèmes éclatent. avec les P.T.T. au sujet de la revue L'imprimerie à l'école, taxée d'être une revue à "caractère commercial". L’Éducateur prolétarien lui succède le 1er octobre 1932 (avec pages séparées, roses, pour la C.E.L.).
Mais la pédagogie de Freinet va devenir le prétexte de "L'affaire de SAINT-PAUL-DE-VENCE" ou encore "L'affaire Freinet", c’est-à-dire de l'affrontement violent d'une pédagogie populaire libératrice et des formes multiples d'autorité oppressive de la réaction bourgeoise, politique, administrative. Un comité d'action nationale en faveur de Freinet se constitue: plus de 8.000 signatures en sa faveur !
Malgré cela, Freinet est suspendu. ..et nommé à Bar-sur-Loup. N'acceptant pas d'y retourner, Freinet se met en congé (Freinet n'a pas été révoqué car un vaste mouvement en sa faveur s'est dessiné en France, en Belgique, en Espagne). C'est l'entrée décisive de la pédagogie Freinet dans le complexe social. Période fertile en luttes ardentes, passionnées, revendicatives sans trêve, dans laquelle l'école du peuple fait corps avec les forces démocratiques unies contre la réaction fasciste (montée d'Hitler en Allemagne) qui déjà menace la France.

Diverses formes du fascisme scolaire :

- Fin des expériences pédagogiques de VIENNE, BERLIN, IENA.
- Menace sur le centre pédagogique de GENEVE.
- Attaques de toutes parts: contre la C.E.L., contre des compagnons de Freinet.
- Limitation des crédits à l'école publique.
- Arrêt des constructions scolaires.
- Diminution du nombre d'instituteurs.
- Réduction de leur traitement de base.

Mais en même temps :
- Renforcement des écoles confessionnelles.
- Mesures de faveur pour la religion, l'obscurantisme.

Solutions proposées face à ce fascisme scolaire :
- Former des ligues de parents progressistes défenseurs immédiats de l'école.
- Lancer un appel aux éducateurs d'avant-garde.
- Avoir un souci permanent d'élargissement de l'horizon pédagogique dans les masses prolétariennes, les syndicats, les associations éducatives, les partis politiques...
- Créer le Front de l'enfance.

Ces initiatives hardies qui explosent coup sur coup dans une mobilisation générale des forces républicaines contre le fascisme font du Mouvement C.E.L. une force d'agitation et de regroupement permanent des énergies démocratiques.
Freinet, ayant démissionné de l’Éducation nationale, il songe à créer son école dans ce grand branle-bas de militantisme politique et social. Pour garder son indépendance et pour en faire une école prolétarienne, Freinet rejette l'aide pécuniaire de riches bourgeois pourtant prêts à le soutenir.
Freinet construit donc son école du Pioulier à VENCE :
- grâce à l'aide financière de la famille, des groupes départementaux ;
- grâce aux jeunes ouvriers et aux jeunes paysans qui, le dimanche, venaient travailler par équipes aidant aux constructions, défonçant les jachères ou traçant les chemins dans la garrigue.
L'école ouvre en octobre 1935 (elle accueillera plus tard des enfants de réfugiés républicains espagnols).

C. d’octobre 1935 à mai 1940 (École Freinet de VENCE)

Freinet poursuit son combat : pédagogique, syndical, social, politique.
Il amplifie la C.E.L. Il va s'employer à lier au sort de son école "prolétarienne" ceux qui en sont les intéressés immédiats: les parents d'élèves.
Il met sur pied cette Ligue des parents prolétariens, pas du tout organisés, face aux diverses associations de parents d'esprit réactionnaire.
Il entreprend, dans les masses paysannes, un profond travail d'organisation coopérative.
Il milite, politiquement, dans le Front populaire.
Il contribue à élaborer la charte du Front de l'enfance au congrès de Moulins.

Freinet, dans l’Éducateur prolétarien du 1er octobre 1936, écrit :
« Il faut que le Mouvement d’Éducation nouvelle devienne un mouvement de masse.
Pour cela :
- aller vers les masses syndicales et les pénétrer de l'esprit C.E.L. ;
- aller vers les Mouvements de l’Éducation nouvelle pour les comprendre mieux, les vivifier... » agrandissement

Dans l’Éducateur prolétarien de décembre 1936, Freinet précise la position de notre coopérative dans les syndicats unifiés. Il y a une tentative d'une collaboration commerciale C.E.L.~SUDEL.
Un projet cher à Freinet: Liaison de la C.E.L. avec le monde du travail. Dans les Alpes-Maritimes, en deux ans, avec son camarade paysan LAURENTI, Freinet crée :
- 80 syndicats paysans.
- des coopératives: de fleurs, de légumes, de lait, de pain.
- un journal est créé: l'Action paysanne.
- une école paysanne est organisée à l'école Freinet.
- Freinet ouvre aussi l'école de VENCE à de jeunes ouvriers s'intéressant aux problèmes de l'éducation.
Nous assistons à une intense activité pédagogique de la C.E.L. dont l'influence grandit à l'étranger où se réalisent de grands projets pédagogiques inspirés de la pédagogie Freinet :
- Plan d’Études belge - L’École nouvelle unifiée de Catalogne. En France, Freinet contribue à faire monter de la base au sommet de l’Éducation nationale, dans un gouvernement issu du Front populaire, les données d'une Éducation populaire, démocratique dont un nouveau plan d'études français va préciser le processus de démarrage et l'ampleur du contenu.
Freinet lance une édition nouvelle: les B.E.N.P.(Brochures d’Éducation nouvelle populaire) traitant des principaux thèmes pédagogiques.

Sur le plan spécialement psychopédagogique et culturel, l'école Freinet peut être considérée comme le laboratoire auquel Freinet aura donné l'ampleur de la vie dans toutes les incidences où la créature affronte le milieu biologique naturel et social. C'est dans cette expérience élémentaire, quotidienne que Freinet va puiser les éléments de ses deux ouvrages essentiels :
- « Essai de psychologie sensible »,
- « L’Éducation du travail »,
et qu'il va donner corps à cette éducation qu'impose la logique naturelle du bon sens.

D. A l'épreuve de la guerre

En août 1939, Freinet, suspect politiquement pour son appartenance au P.C., depuis 1929, est interné à NICE, puis libéré, retrouve son école.
Mais le 20 mai 1940, il est à nouveau arrêté et interné au camp de SAINT-MAXIMIN (VAR), puis au camp de Saint-Sulpice, malgré son état de santé précaire. Il y jette les bases de ses futures publications :
- « L’Éducation du travail »
- « Essai de psychologie sensible »
- « L'Expérience tâtonnée »

L'école Freinet est occupée et surveillée.
La C.E.L. est mise en veilleuse, puis mise sous scellés.
Le 29 octobre 1941, Freinet est libéré (pour raisons de santé surtout). Il entre dans la clandestinité avec une vie à moitié nomade : il est en liaison avec la Résistance mais pas encore engagé dans la lutte pour raisons de santé.
Il met au point les ouvrages précédemment signalés et commence la rédaction de :
- « Conseils aux parents »
- « L’École moderne française »
Il organise la Résistance. En mai 1944, Freinet prend, effectivement, la direction du maquis F.T.P. de VALLOUISE dans le Briançonnais. Il est ensuite appelé au, comité de libération de GAP.
Il lie les revendications pédagogiques aux revendications politiques et sociales des masses, lors de l'Assemblée des présidents des Comités de libération, à AVIGNON, en octobre 1944.
Après la libération de NICE, Elise et Freinet reviennent à VENCE. Quel triste spectacle ! La C.E.L. a été pillée ! Elle n'est plus qu'un vaste amoncellent hétéroclite !
« Nous allons repartir! tout de suite ! Nous allons repartir" lance Freinet.
Il faut repartir à zéro ! La première tâche après la guerre est donc, à partir de zéro, de repartir. ..vers un mouvement de masse en faveur de cette pédagogie nouvelle et populaire.

E. 1946-1966 : AFFIRMATION DE L'ECOLE MODERNE ET DE L'I.C.E.M. .

L’Éducateur reparaît.
De nouvelles B.E.N.P. sortent: la Coopération scolaire, « Par-delà le 1er degré », « l'Histoire vivante », « le Milieu local ».

Freinet publie :
- « L’Éducation du Travail » (1946)
- « L’École moderne française » (1946)
- « Conseils aux parents » (1948)
- « Essai de psychologie sensible appliquée à l'éducation » (1950)
- « Méthode naturelle de dessin » (1951 )

De son côté, après le livre: "Principes d'alimentation rationnelle" (1935), Elise Freinet publie: « La Santé de l'Enfant », en 1950.

Les .congrès de l’École moderne reprennent avec celui de DIJON (1947). Une décision importante y est prise: la création de l'I.C.E.M. (Institut coopératif de l'Eco1e moderne).
L'I.C.E.M., décidé le 3 avril 1947 à DIJON, est une association de la loi de 1901 qui se différencie de la C.E.L. ( coopérative gérée comme organisme commercial avec des actionnaires), mais les militants des deux organismes sont les mêmes. La C.E.L. constituait un tout: chaque adhérent étant à la fois coopérateur, donc client de la société coopérative de consommation, et chaînon de la "Guilde" de travail apportant "la matière grise" pour la création des outils et leur adaptation dans les classes. La C.E.L. avait son délégué dans chaque département. Ce délégué était à la fois le représentant de la "maison de commerce" et, souvent aussi, le militant le plus en pointe représentant le groupe départemental et se trouvant porte-parole de celui-ci auprès de Freinet.
L’I.C.E.M se propose les buts suivants :
- solliciter, coordonner les initiatives
- étudier les méthodes et les outils
- préconiser les moyens et mesures susceptibles de réaliser la modernisation permanente de l’école, organiser la formation.
Pour atteindre ces buts, l’I.C.E.M. s’organise en commissions nationales spécialisées, en sections départementales et crée à Cannes, son siège social, un Office central de documentation.
La C.E.L. s’installe à Cannes.
Freinet a rouvert l’école de VENCE. De nombreux stages spécialisés s’y déroulent chaque année à l’école Freinet de Vence et dans de nombreuses régions de France, ainsi que qu’un congrès annuel de L’École moderne avec de plus en plus d’éducateurs venus du monde entier car, après la Belgique, l’Espagne, la Suisse, de nombreux pays d’Europe, d’Amérique, d’Afrique et d’Asie se joignent au Mouvement français de l’I.C.E.M.

Le succès de la pédagogie Freinet grandit, s’affirme, non seulement en France ; mais aussi « hors-frontières ». Pendant cette première période d’après-guerre, plus spécialement dans les années 50, problèmes, difficultés, attaques … ont été le lot quotidien de Freinet et du Mouvement de l’École moderne qu’il avait créé.
Freinet réfute les accusations et réaffirme : « Nous resterons et nous continuerons dans la ligne de notre Éducateur prolétarien d’avant-guerre. »
Cette lutte sur le plan de l’école ne peut qu’entraîner une prise de conscience : l’injustice de la société capitaliste. Elle doit les inciter à militer aussi sur le plan syndical ou politique pour l’avènement d’une société socialiste.

Ce n’est pas avec des hommes à genoux qu’on mettra la démocratie debout !

(Célestin Freinet)

Le travail continue …
- stages ICEM, conférences de Freinet à travers la France
- congrès de plus en plus fréquentés
- la CEL s’amplifie et s’étend vers l’étranger

Les publications continuent :

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- « Les méthodes naturelles dans la Pédagogie moderne » (1946)
- « Le Journal scolaire » (1957)
- « Les Dits de Mathieu » (1959)
- « Les Techniques Freinet de l’École moderne » (1964)

- De 1937 à 1953 : plus de 80 B.E.N.P. paraissent (dont 25 écrites par Freinet).
- De 1960 à 1966 : c'est la collection B.E.M. (Bibliothèque de l’École moderne) qui édite près de 20 brochures de Freinet dont « Les Invariants pédagogiques » (1964).
- Il assure 11 éditions de l’Éducateur où il écrit chaque quinzaine.
En 1958, il lance « 25 élèves par classe », revendication qu'on traite alors d’utopie. Plus que jamais, Freinet est à la fois celui qui trace la voie et qui impulse le travail et l'action.
Vu l'ampleur des adhérents « hors-frontières », création de la F.I.M.E.M. (Fédération internationale des mouvements de l’École moderne) au congrès de NANTES, en 1957.
A propos des divers congrès Freinet : parmi les congressistes de plus en plus nombreux (de 1.200 à 1.500 au congrès de BREST en 1965) se retrouvent plusieurs centaines de chercheurs actifs qui œuvrent dans les commissions de travail de l'I.C.E.M.
Freinet, personnellement, animait toutes ces commissions, donnant toujours d'utiles conseils marqués au coin de son solide bon sens.
Ainsi en a-t-il été :
- du matériel d’imprimerie,
- de la présentation et de l'illustration du journal,
- du fichier documentaire (F.S.C. ), agrandissement
- des brochures B.T.,
- des exposés d'enfants,
- des fichiers d'autocorrection,
- des boites enseignantes de recherches,
- des livrets d'expérimentation,
- de la lecture et de l'écriture (Méthode naturelle),
- et même du texte libre : "qu'il nous a appris à arracher au fait divers pour l'élever à la majesté de l'authentique poésie".
- de l'étude de la psychologie enfantine,
- des échanges interscolaires : enquêtes, correspondance (lettres individuelles et collectives), voyage-échange,
- de l'expression artistique, de l'Art enfantin: forme suprême de l’expression libre... (dessin libre, musique libre. ..) ,
- de l’utilisation des procédés audiovisuels: disques, photos, films, magnétophones (montages...). ...un vaste chantier donc !

Le 8 octobre 1966, Freinet nous quitte...

« Freinet est mort, il est des morts qui vivent intensément ! »

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Bibliographie

« Vers une pédagogie institutionnelle » par Aida Vasquez et Fernand Oury Ed. F. Maspéro 1968.

« Philosophie et méthodologie d'un enseignement rénové » par A. Clausse Ed. Labor-Nathan

« Histoire des institutions et des doctrines, pédagogiques par les textes » par J. Palmèro Ed. S.U.O.E.L. 1958.

« Revue "L'Educateur" n° 190-191 » Supplément au n° 6 de mars 1987.

« Naissance d’une pédagogie populaire » par Elise Freinet Ed. Bibliothèque de l’École moderne -Cannes 1965