EDITORIAL


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Notre société attend beaucoup de l'enseignement, mais quoi plus précisément ? Comment l'école doit-elle aborder le XXIème siècle ? A quoi préparer les générations futures ?

Personne ne doute de l'enseignement ni de son impact. Les pouvoirs publics y consacrent une part importante de leur budget. Plus de 300.000 personnes travaillent dans ce secteur ou, rien que pour l'enseignement fondamental et l'enseignement secondaire, plus de 2 millions d'enfants et de jeunes sont pris en charge.

L'espace qui m'est réservé dans le présent article est bien trop restreint que pour répondre à toutes ces questions. Néanmoins, pour fortement résumer, il existe une affirmation qui est à mon sens fondamentale: AMELIORER LA FORMATION DES JEUNES. Cette préoccupation devrait être constante dans notre esprit. N'est ce pas, pour notre société, le meilleur investissement à consentir dans son propre intérêt, mais aussi à offrir aux générations futures ?

Que veulent nos jeunes aujourd'hui? EVITER LE CHÔMAGE. car celui-ci serait la preuve que le capitalisme est en crise. L'universalité de cette crise se lit dans l'homogénéité du taux de chômage 11 % en moyenne en Europe. Mais le calcul d'un taux moyen n'est-il pas en soi une erreur d'optique qui laisse croire à une crise générale?

Regardons une carte de l'Europe du chômage. Au centre, le BADE WURTEMBERG : taux de chômage de 3%, minimum incompressible Le capitalisme serait-il en crise partout sauf en BADE WURTEMBERG ?

Autre indicateur troublant ; un quart des jeunes français de moins de 25 ans étaient, en 1994, au chômage, contre 5% seulement en Allemagne. Alors, me direz-vous, comment font ces Allemands ? Simple! Au-delà des aléas liés à la récession et à la réunification du pays, l'expérience tend à démontrer que le chômage relève plus de facteurs culturels que de circonstances économiques. En effet, le taux de chômage paraît moins déterminé par la démographie, le nombre d'immigrés ou le taux de croissance que par l'éthique du travail et la légitimité de l'entrepreneur capitaliste. Et je ne vous parlerai pas des modèles japonais et américain.

Alors que nous faut-il en Belgique ? Une bonne formation scolaire, un peu d'apprentissage, un peu de flexibilité sur le marché de l'emploi, un zeste d'emploi garanti stable en échange d'un salaire variable ? Certes, mais la société ne se modifie pas par décret, et il est tout bonnement impossible de transposer des modèles d'une culture à l'autre, précisément parce que ces modèles sont les produits distincts de cultures variées. Ainsi, une solution au chômage en Belgique peut-elle s'enrichir du regard porté sur les expériences étrangères, mais ne saurait en être la simple transposition. Aussi, il me semble essentiel, au sein de notre école, d'intensifier au maximum le dialogue entre l'école et l'entreprise.

Un dialogue existe dans ce sens actuellement. Mais il faudrait que cette coopération ne se limite pas à du court terme mais à du long terme. Cela pourrait se réaliser dans le cadre d'une collaboration plus étroite entre l'enseignement et l'ensemble des interlocuteurs sociaux. L'éducation et la formation pourraient concerner une part importante des conventions collectives de travail. L'on pourrait envisager de développer cette coopération, de la rendre indépendante des fluctuations économiques et suffisamment solide pour servir de support à une vision à long terme. Pour cela, il faut éviter de considérer les écoles comme des solutions miracles à nos maux sociaux et autres. Dans ce sens, apprenons à nous interroger sur notre responsabilité éducative en tant que parents, chefs d'entreprise, personnalités Politiques, chefs d'établissements, etc...

L'amélioration de l'enseignement peut et doit être poursuivie dans les écoles. Il est indispensable, si nous voulons améliorer l'enseignement, que toutes les autres instances formatrices assument davantage leurs responsabilités, ce qui n'est pas le cas. Nous devrions nous poser la question suivante : comment, en exerçant nos fonctions, pouvons-nous apporter des éléments utiles à l'éducation des jeunes ? Ce n'est qu'à ce prix que l'on pourra développer une société qui apprend dans la liberté. Pour cela, à vous tous que cela concerne, je vous proposerai la devise d'un philosophe : "La liberté n'est pas ce qui nous est donné, mais ce à quoi nous devons nous donner." En d'autres termes, la liberté n'est pas un droit mais un devoir.

Michel L'HOOST

 


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