LA VIE AU JOUR LE JOUR

Ceux qui sont rentrés et ceux qui ne sont pas partis sont confrontés au même problème: la vie quotidienne n'est pas facile. En effet l'Allemagne envisage d'exploiter au maximum de ses possibilités chaque pays occupé qui contribuera de la sorte à l'effort de guerre.
Maintenir la paix et l'ordre seront les bases de cette politique. Cette situation justifie en droit international l'occupation et contribue à associer l'économie belge à l'économie allemande.
Mais cette politique sera contrariée par la spécificité belge reconnue par l'occupant et qui repose sur:


-une densité démographique la plus forte de l'Europe (400 habitants par kilomètre carré),


-une propension du Belge à extérioriser sa liberté individuelle par l'indiscipline,


-une méfiance envers le pouvoir central et la particratie qui ont affaibli l'Etat,


-l'inefficacité de la police, de l'administration, de la justice et du pouvoir politique,


-les erreurs de la politique allemande qui a divisé l'industrie en secteurs et qui en instaurant le travail obligatoire, a poussé beaucoup de réfractaires à la résistance passive ou à la clandestinité.
L'occupation se base sur une administration strictement militaire pour les territoires qui n'étaient pas censés être incorporés directement au Reich et dont on attendait la fin de la guerre pour fixer le statut. Il s'agissait de veiller aux intérêts de la Wehrmacht,

à la sécurité des troupes et de prendre les mesures nécessaires aux buts militaires. Pour le reste l'occupant devait "sauf empêchement absolu" respecter les lois en vigueur dans le pays. Le général d'infanterie baron Alexander von Falkenhausen est nommé Gouverneur militaire pour la Belgique et le Nord de la France le 31 mai 1940. Sa mission est de créer le retour à la normale dans les territoires occupés et de veiller à ce que les ressources économiques soient utilisées en priorité pour les besoins de l'armée et de L'hiver 1940 est le premier de la Belgique occupée mais déjà

tous les problèmes s'y trouvent posés: ralentissement de l'activité économique et chômage, absence des chefs de famille retenus prisonniers en Allemagne, nourriture rationnée, vêtements et chauffage insuffisants.

Vivre c'est travailler mais travailler c'est collaborer. comment sortir de ce dilemme ? Par la "doctrine Galopin" ou politique du moindre mal qui fut approuvée par le gouvernement de Londres. Vu le blocus continental et que la Belgique importait près de la moitié de sa nourriture il n'y avait pas d'autre solution que de relancer l'activité industrielle. La remise en route de l'industrie éviterait aussi les déportations. Même si les usines ne pouvaient travailler qu'à la moitié de leur capacité et si 60% de la production fut livrée à l'Allemagne, les chefs d'entreprises ne pouvaient pas agir pour s'enrichir ni solliciter des commandes allemandes. Il fallait se comporter dignement avec pour seule justification morale la nécessité de nourrir la population. Toutefois, pur les industriels, rien ne pouvait justifier la fourniture d'armes, de munitions, départies d'armes ou de munitions

 

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