C'est après avoir quitté Florence en 1482, et dés le début de son
premier séjour à Milan que Léonard commence à écrire et à rédiger des notes.
Durant cette période et jusqu'en 1500, il écrit dans un certain
désordre de nombreux documents dans des cahiers ou feuillets séparés.
Les multiples facettes de son immense talent l'amènent à s'exprimer
presque simultanément sur l'art de la peinture, les études anatomiques, les descriptions
de machines, les recherches mathématiques et mécaniques, les éléments de physique,
l'observation du vol des oiseaux, les plans architecturaux, les mouvements de l'eau, la
poésie, la musique,...
Durant les cinq premières années du XVIe siècle, Léonard voyage
beaucoup dans le Nord de l'Italie. Ses remarques et études sont alors notées dans des
petits carnets de voyage.
De 1505 à 1513, Léonard entreprend alors un formidable travail de
remise en ordre de tous ses documents. Il structure entre autres, un Trattato della
pittura ainsi que De ombre e lume et des recueils sur l'anatomie, les
mathématiques, l'hydraulique et l'optique.
C'est avec l'ensemble de ses documents écrits ou dessinés que
Léonard arrive en France, à Amboise à la cour royale de François Ier au début de
1517.
A sa mort, le 23 avril 1519, Léonard lègue par testament tous ses
manuscrits, instruments et portraits relatifs à son art et au métier des peintres à
son disciple Francesco Melzi.
Celui-ci retourne en Italie et jusqu'à sa mort en 1570, il tente de
mettre de l'ordre dans les écrits de son maître, mais il semble avoir été débordé
par la trop grande diversité de ceux-ci. Il parvient à une certaine compilation
partielle connue sous le vocable Codex Urbinas 1270 qui se trouve aujourd'hui à la
bibliothèque du Vatican. Certains contemporains en ont aussi eu connaissance comme
l'indique Vasari en 1568 dans son livre La Vie de Léonard.
Durant la fin du XVIème siècle, le reste de l'énorme masse des
documents fut dispersée suite à des ventes, des donations, des vols ou autres
malversations.
Au début du XVIIe siècle, Leoni récupère une partie du travail
effectué par Melzi sous la forme d'une dizaine de volumes . Il en revend une partie en
Espagne à Lord Arundel et en Italie. Ensuite, il constitue par collage et
découpage des textes originaux, le Codex Atlanticus. Cet ensemble de documents
comprend des notes et des schémas techniques désignés sous le titre Disegni di
macchine e delle arti secrete di Leonardo da Vinci. Ce codex ainsi que d'autres
documents parviennent par donation à la Bibliothèque Ambrosienne à Milan. Un
autre ensemble d'écrits surtout d'intérêt artistique, acheté par Lord Arundel se
trouve aujourd'hui dans les collections de Windsor en Angleterre.
Les documents de la bibliothèque Ambrosienne sont transférés à
Paris à l'époque du Directoire. Seul le Codex Atlanticus sera rendu à l'Italie.
En 1965, deux manuscrits furent encore découverts à la bibliothèque
nationale de Madrid.
Suite à cette grande dispersion, les différents documents ne firent
finalement l'objet d'études sérieuses qu'à partir de la fin du XIXe siècle. On estime
qu'environ une moitié de l'uvre de Léonard est actuellement disparue.
La première parution d'une oeuvre écrite de Léonard fut faite en
1651 avec le Trattato della pittura , un des rares ouvrages qu'il avait préparé
de son vivant en vue d'une possible publication.
Avec d'autres écrits sur l'hydraulique paru seulement en 1826 un
traité intitulé Del moto e misura dell' acqua.
A la fin du 19ème siècle, C. Ravaisson-Mollien traduit et édita en
français les manuscrits se trouvant à l'Institut de France. A la même époque, L.
Beltrami et G. Piumati firent paraître en italien , l'un le Codex Trivulzinao et
l'autre le Codex Atlanticus.
La Reale Commissione vinciana créée en 1902, publia entre autres le Codex
Arundel et les Manuscrits Forster entre 1923 et 1935.
Actuellement, les chercheurs tentent d'étudier d'une manière
chronologique et structurée la pensée de Léonard en regroupant et ordonnant ses
recherches et ses idées dispersées dans tous ses écrits.
Les différentes appellations données aux textes de Léonard
proviennent soit du lieu où ils sont conservés ou du nom du propriétaire, soit d'une
classification due aux chercheurs.
Institut de France à Paris :
Les manuscrits notés de A à M comprennent un millier de feuillets.
Ms.A, Ms.B, ..., Ms.M.
Bibliothèque nationale à Paris :
Les manuscrits Ashburham : 34 feuillets
British Museum à Londres :
Le Codex Arundel : 283 feuillets.
Victoria and Albert's Museum à Londres :
Le Codex Forster : un millier de feuillets
Royal Library à Windsor :
Cahier d'anatomie
Le Codex Leicester : 36 feuillets
Biblioteca Ambrosiana à Milan :
Le Codex Atlanticus : 403 feuillets
Biblioteca Reale à Turin :
Le Codex sur le vol des oiseaux : 18 feuillets
Château Sforza à Milan :
Le Codex Trivulce : 51 feuillets
Biblioteca Nacional à Madrd :
Le Codex de Madrid