René Magritte est né
à Lessines le 21 novembre 1898. Né au pays
des carriers, Magritte a cependant passé au Pays noir, l'essentiel
de son enfance et de son adolescence. A Châtelet, où il fut
un élève de notre école,
il a passé les deux tiers de ses dix-huit premières années.
Le père de
René Magritte, Léopold, était né à
Pont-à-celles en 1870 et son premier métier fut celui de
tailleur. La mère
de René, Régina Bertinchamps, originaire de Gilly où
elle était née en 1871, exerçait la profession de
modiste jusqu'à son mariage en 1898.
Après quelques mois de vie à Lessines, le couple Magritte
et leur premier enfant s'installèrent à Gilly où sont
nés successivement, en 1900 et en 1902, les deux frères
cadets de René : Raymond et Paul. Ce dernier, mort
en 1975, fut poète, musicien et humoriste ; il fut toujours très
proche de son aîné.
Jeunesse:
A Châtelet,
la famille Magritte résida de
1904 à 1917, ce séjour dans notre ville a été
entrecoupé en 1913 et en 1916 par d'éphémères
installations à Charleroi et à Bruxelles. La famille Magritte
a vécu successivement au 79 puis au 95 de la rue des Gravelles à
Châtelet.
De la jeunesse de René Magritte, on connaît assez peu de
détails, notre artiste répugnant à se pencher sur
son passé. Nous savons, grâce à Paul Magritte que Léopold,
le père, était un homme d'affaire avisé
qui avait permis à sa petite famille de vivre assez largement, au
point de disposer d'une petite domesticité. Léopold
Magritte avait un sens certain de l'humour, mais son caractère
était plutôt difficile.
La
fin tragique de Régina Magritte, repêchée
dans la Sambre en 1912, a suscité bien des questions. Elle a incontestablement
marqué de manière profonde, l'œuvre de René où
l'on remarque l'omniprésence de l'eau et de personnages recouverts
d'un voile (lorsqu'on repêcha le corps de Régina, le visage
de celle-ci était masqué par sa chemise de nuit. Après
la mort de Régina, l'éducation des trois frères Magritte
a été confiée à des servantes.
René et ses frères
ont laissé à Châtelet, le souvenir de gamins turbulents
et farceurs. A l'école, ils n'étaient
pas des élèves particulièrement brillants. A Charleroi,
où Magritte fréquenta l'Athénée Ernest Solvay,
on a conservé le souvenir de son désintérêt
pour le latin et pour la plupart des autres branches.
C'est à la foire de Charleroi qu'en 1913, René
fit la connaissance de Georgette Berger qui allait devenir sa
femme en 1922.
La vocation artistique
de René est très probablement née à Châtelet,
où notre peintre reçut ses premières leçons
d'art ; le sculpteur Eugène Paulus a dû être un de ses
professeurs. Dès 1911, René Magritte exécute sa première
grande peinture à l'huile : "Chevaux dans une pâture",
œuvre qui remplit de fierté son père Léopold. Les
premières œuvres impressionnistes de René Magritte, remontent
à 1915.
Le Château Bolle, situé rue de Couillet à Châtelet,
a accueilli la toute première
exposition d'œuvres de René Magritte au cours de l'été
1916 ; Cette exposition, organisée dans un but philanthropique,
présentait aussi, parmi d'autres travaux, des réalisations
d'Albert Chavepeyer.
De 1917 à 1919,
René Magritte suit les cours de l'Académie des beaux-arts
de Bruxelles mais les leçons reçues l'intéressent
moins que les rencontres amicales qu'il y a vécues.
Période de recherche et
entrée dans la carrière artistique:
En 1919, Pierre-Louis
Flouquet, artiste français établi à Bruxelles, partage
son atelier avec René Magritte. Grâce à son partenaire,
René fait la connaissance des cubistes et des futuristes et il est
introduit dans les milieux de l'avant-garde anversoise.
En 1920, le Centre
d'Art de Bruxelles expose des toiles de Flouquet et de Magritte. Edouard
T. Mesens, artiste bruxellois aux talents divers, croise alors la route
de notre peintre à l'occasion des leçons de piano qu'il donne
au jeune Paul Magritte. Au cours de la première moitié des
années 1920, René Magritte réalise des tableaux de
type abstrait.
C'est alors que Marcel Lecomte lui fait découvrir le "Chant
d'Amour", tableau métaphysique de Giorgio
De Chirico. A posteriori, on peut affirmer que Magritte a
subit l'influence déterminante de la spatialité et des énigmes
métaphysiques présentes chez De Chirico ; comme ce dernier,
Magritte a fini par utiliser une technique volontairement académique
mais sa fidélité aux images traditionnelles n'est qu'apparente,
la volonté de l'artiste étant surtout de souligner la nouveauté
et l'insolite d'images banales et quotidiennes. Contribution originale
et active au mouvement surréaliste.
Vers 1925, René
Magritte fait son entrée dans l'univers surréaliste. Il réalise,
en 1926, "Le jockey perdu", qui est, de son propre aveu, sa première
toile surréaliste réussie. L'année suivante voit s'organiser
à Bruxelles, la première exposition personnelle d'œuvres
de René Magritte : il s'agit de soixante et un tableaux exposés
à la Galerie "Le Centaure".
C'est en 1927
que le premier article important sur l'œuvre de Magritte paraît sous
la plume de P. G. Van Heecke dans la revue "Sélection". C'est encore
en 1927 que Magritte rencontre celui qui sera un de ses grands amis et
collaborateurs : Louis Scutenaire. Et, toujours en 1927, René et
Georgette Magritte quittent la région bruxelloise pour s'établir
au Perreux-sur-Marne, dans la banlieue parisienne. Les Magritte resteront
trois ans au Perreux en étant étroitement associés
aux activités du groupe surréaliste parisien.
Dès la fin de 1929,
les relations entre André Breton et René Magritte deviennent
difficiles, ce qui explique en partie, le retour définitif des Magritte
à Bruxelles au cours de l'été de 1930. Cette dernière
année se révèle difficile sur le plan financier pour
René et Georgette : malgré la vente d'une partie de ses livres
et de onze de ses œuvres les plus récentes à Mesens, René
se voit contraint de reprendre ses travaux publicitaires tout en poursuivant
son œuvre picturale.
En 1932, Magritte
adhère au Parti communiste belge. Cette adhésion, deux fois
rompue et deux fois renouvelée, sera définitivement annulée
en 1945.
De 1942 à 1943,
René Magritte, véritable ambassadeur du mouvement surréaliste,
peint beaucoup, voyage, donne des conférences et collabore à
plusieurs revues. En 1943, René change de style en composant plusieurs
toiles dans le style impressionniste chez Auguste Renoir.
En 1948, à
l'occasion de sa première exposition parisienne à la galerie
du Faubourg, Magritte adopte un style "vache" ou "fauve" qui suscite la
colère de ses plus vieux amis ; aucune toile n'est vendue et l'artiste
renonce désormais à s'exprimer dans ce style.
En 1953, Magritte
reçoit une commande émanant du Casino communal de Knokke
: il s'agit de réaliser une décoration murale panoramique
pour la grande salle de jeu ; c'est ainsi que sera conçu "Le domaine
enchanté".
En octobre 1957,
René et Georgette se fixent au 97 de la rue des Mimosas à
Schaerbeek. Les expositions personnelles et les rétrospectives à
Charleroi, Liège, Paris et New-York se succèdent à
un rythme soutenu.
En 1963, la santé
du peintre décline et elle l'amène à séjourner
à Ischia, en Italie, au cours du mois d'avril 1965. Pourtant, c'est
en 1965 que les Magritte effectuent leur premier voyage aux Etats-Unis
pour la rétrospective du Museum of Modern Art de new-york.
Au début de 1967,
après une exposition personnelle à Paris, René Magritte
se lance dans la préparation de huit sculptures. Mais il n'aura
pas le temps de voir ses œuvres coulées dans le bronze : il
meurt chez lui, le 15 août 1967, onze jours après
l'ouverture d'une rétrospective de son œuvre au Musée Boisjmans-van-Beuningen
de Rotterdam.