Le Tombeau du Duc Jean de Berry

 

 Le gisant visible dans  la cathédrale de Bourges  a été achevé

par son petit neveu Charles VII.  Le tombeau est en marbre blanc incrusté de marbre noir. Le duc y est représenté en tenue d'apparat, ceint de la couronne ducale, un ours enchaîné de fleurs de lys à ces pieds. Ce gisant n'est qu'une partie de

ce qui constituait le tombeau, qui était entouré de pleurants d'albâtre dont certains sont visibles au musée du Berry (! à l'Hôtel Cujas), au Louvre (2), au musée Rodin (1) ou encore au Metropolitain muséum de New Yor

  Le duc était inhumé dans la Sainte Chapelle de Bourges aujourd'hui disparue, et ce n'est qu'en 1757 que le cénotaphe fut transporté à la crypte de la cathédrale.

Dimensions de la chapelle :

longueur 38 m
largeur 12 m
hauteur 21,50 m
hauteur des verrières 16,50 m


Jean Fouquet "Heures d'Etienne Chevalier" L'Annonciation
Le décor serait celui de la Sainte Chapelle de Bourges

Le gisant du duc n'est pas la seule trace de son mécénat dans l'édifice puisque deux priants (ou orants) le représentant ainsi que sa seconde épouse Jeanne de Boulogne sont disposés dans la chapelle Notre Dame la Blanche au fond de l'abside de la cathédrale. Nous lui devons également la chapelle du Sacré-Coeur dont les vitraux aux armes de Berry proviennent de la Sainte Chapelle tout comme ceux de la crypte.

Deux campagnes de travaux furent nécessaires à sa réalisation.
La première campagne, commencée du vivant du duc, fut dirigée par Jean de Cambrai, collaborateur d'André Beauneveu. Elle semble s'interrompre à la mort du commanditaire (1416). L'artiste exécuta le gisant (cathédrale de Bourges) et cinq pleurants en marbre, aplatis dans le dos pour constituer des figures d'applique : ils se caractérisent par leurs volumes simples, leurs drapés rectilignes, leurs gestes contenus.
L'ouvrage fut repris après 1450 sur ordre du roi de France Charles VII, petit-neveu du duc, et confié à Étienne Bobillet et Paul Mosselmann. Ils travaillèrent au décor architectural et complétèrent la galerie des pleurants. Technique et matériau distinguent aisément cette seconde série : les statuettes sont en albâtre veiné, sculptées en ronde-bosse et d'un esprit très différent.


Le tombeau à pleurants apparaît dès la fin du XIIIe siècle. Ces statuettes représentent les proches du défunt, enveloppés du grand manteau de deuil à capuchon porté lors des cérémonies de funérailles. Mais ce type de monument connut un développement formidable au XVe siècle sous l'influence des prestigieuses réussites de l'art bourguignon, illustré par le Tombeau de Philippe II le Hardi (Dijon, musée des Beaux-Arts) de Claus Sluter à la chartreuse de Champmol : sculptés en ronde-bosse, des pleurants d'une prodigieuse présence plastique semblent progresser en cortège. La seconde série de Bourges s'inspire de cet art expressif et ample.





Jeanne de Boulogne, duchesse de Berry, morte vers la fin de 1422, était fille unique de Jean II, comte de Boulogne et d'Auvergne, et d'Éléonore de Comminges. Elle fut mariée, en juin 1389, à Jean de France, duc de Berry, fils du roi Jean le Bon. Elle avait alors douze ans et le duc près de cinquante. C'est elle qui obtint la grâce de Bureau de la Rivière (1392) et qui sauva la vie au roi Charles VI, dans un bal masqué, où, déguisé en sauvage, il faillit être brûlé vif (nuit du 27 au 28 janvier 1393 "Le Bal des Ardents"). Après la mort du duc de Berry (15 juin 1416), elle épousa l'ambitieux Georges de La Tremoille, qui était plus jeune qu'elle (16 novembre 1416). Il la traita si durement qu'elle fut obligée de le quitter. Elle lui laissa néanmoins l'usufruit de ses domaines et mourut sans enfants, au château de Saint-Sulpice-sur-Tarn, vers la fin de 1422.

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