juillet

Les Très Riches Heures du duc de Berr


L'’image traditionnelle du mois – la moisson – est mise en scène, avec la tonte des moutons, dans une autre propriété du duc de Berry. Bâti à la fin du XIIe siècle, le château de Poitiers s'inscrit dans un triangle entre deux cours d'eau, le Clain et la Boivre ; le Duc de Berry le reconstruisit. Il fut démantelé à partir des guerres de religion (XVIe siècle). Dans la jardin de la Petite Villette à Poitiers on  voit encore aujourd'hui d'importants vestiges de l'ancien château militaire.

 Nous pénétrons là encore dans un espace poétisé, un espace où se ressentent les bienfaits de la politique pacificatrice du duc de Berry. 

Sur les bords du Clain, devant le château aujourd’hui disparu que Jean de Berry se fit construire dans sa jeunesse, deux moissonneurs coupent le blé à la faucille en s’aidant d’une baguette pour redresser les tiges de blé. L’artiste a représenté les bleuets et les coquelicots qui poussaient alors dans les champs.

 

 

 

Au premier plan, dans le triangle de droite, une femme en robe bleue, de dos, et un homme agenouillé tondent des moutons à l’aide de forces.

 

 

 

 

 

 

 

A l’arrière-plan, le paysage montagneux est conventionnel et ne reflète pas la réalité. La miniature donne une vue fidèle d’un château typique du XVe siècle : il perd la fonction militaire qu’il avait au haut Moyen-âge pour devenir une résidence moderne. Le château est bâti – comme à Chantilly – sur un éperon rocheux qui lui donne sa forme triangulaire, au confluent du Clain et de la Boivre.. L’extérieur garde une allure austère avec ses ouvertures rares et étroites. On y entre par une longue passerelle, que protège une tour rectangulaire, et par un pont-levis. Un petit pont permet d'accéder à la tour avancée. La vie de cour, dans un décor somptueux se concentre de l’autre côté des murailles.

 

A droite du château, on distingue un ensemble de bâtiments, dont une chapelle. L’architecture de ce château aux lignes épurées obéit encore aux exigences d’un ouvrage défensif mais les larges fenêtres ouvertes dans les tours et garnies de vitraux ou placées sur le toit des bâtiments fermant la cour intérieure, ainsi que les éléments de style

gothique témoignent d’une préoccupation nouvelle en ce qui concerne l’habitat seigneurial, beauté architecturale et confort intérieur.  Autres nouveautés : un grand degré, c’est-à-dire un escalier monumental permettant l’accès à la grande salle où le pouvoir princier se met en scène lors des grandes occasions ; des galeries et des jardins, des étuves confortables et des toilettes.


Maîtrisant la perspective linéaire, l’artiste s’attache aussi à poétiser la réalité grâce à l’emploi des couleurs, à la luminosité et aux détails apportés pour enrichir le paysage : deux cygnes, les osiers et les roseaux de la rivière, les haies d’arbres taillés qui délimitent les lopins de terre, les ombres sur l’eau et sur les prairies verdoyantes d’où se dégage une sensation de fraîcheur.