Le maniérisme. Pour désigner le style de la peinture italienne et européenne entre 1520 et 1580-1600, on a pris l'habitude de parler de maniérisme. Le mot, employé dès le XVIIe siècle, n'a pas de signification péjorative. Il dérive de l'italien maniera qui signifie style. Mais il ne recouvre pas un mouvement d'un seul tenant. De 1515 à 1540 environ, l'équilibre classique se dissout progressivement. De 1540 à 1570, c'est l'apogée de l'art de cour tandis que la fin du siècle voit un dépassement de cette manière raffinée vers une approche plus dramatique. L'artiste maniériste travaille moins à partir de la nature que de modèles artistiques pour inventer un art recherché, intellectuel ; c'est moins le sujet qui suscite l'émotion que la manière de le traiter. L'art doit proposer une autre réalité, une réponse imaginaire à des questions difficiles. Les références aux oeuvres des prédécesseurs sont fréquentes. La figure maniériste se reconnaît à l'allongement de ses proportions et à ses courbes et contre-courbes. Elle y gagne en raffinement et en grâce.
À Parme, Antonio Allegri dit le Corrège (1489-1534) ne se rattache qu'en partie au maniérisme. Son art se caractérise par la douceur du modelé. L'émotion dégagée par ses oeuvres doit susciter la croyance du spectateur et bannir toute tension intellectuelle. Ses décors pour les églises et la cathédrale de sa ville développent des effets d'espaces infinis et lumineux. Francesco Mazzola dit le Parmesan (1503-1540) joue davantage sur des cadrages insolites, des personnages tout en courbes aux formes allongées, prototypes de la grâce maniériste.