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28 juillet 1755, tous les Acadiens... 

LE MONDE  28.07.05 15h52 Montréal correspondance  

La nuée du diable : La déportation des Acadiens en 1755

Le Monde illustré, vol. 14 no 729. p. 821 (23 avril 1898)

Gravure http://www4.bnquebec.ca/illustrations/htm/d13.htm

 

Il aura fallu 250 ans pour que le Canada tourne une des pages les plus noires de son histoire. Jeudi 28 juillet, pour la première fois, est commémorée la déportation des Acadiens décidée par l'administration coloniale britannique, qui cherchait à faire oublier un large croissant de l'Amérique française, l'Acadie.

 

 

En 1755, l'administration anglaise veut punir les rebelles acadiens qui refusent de faire allégeance à leur nouveau maître, le roi d'Angleterre. Elle les déporte vers la Grande-Bretagne ou la Nouvelle-Angleterre. Plus de 15 000 personnes sont déracinées, des centaines de familles divisées. Près de la moitié des déportés ont péri dans les cales des bateaux entre 1755 et 1763. Les Acadiens appellent ces sombres années le "Grand Dérangement".

La reine Elizabeth II, qui est à la fois reine d'Angleterre et souveraine du Canada, a présenté ses excuses en décembre 2003 dans une proclamation royale. L'anniversaire sera désormais célébré tous les ans à la même date mais n'est accompagné d'aucune compensation financière pour les descendants de ceux qui, à l'époque, ont perdu terres et biens.

"Pour nous, la reconnaissance des torts qu'ils ont subis et celle de leur apport à l'histoire canadienne étaient une priorité", souligne Denis Laplante, directeur de la Société nationale de l'Acadie, qui a négocié la proclamation royale avec le gouvernement canadien.

Plusieurs associations acadiennes qualifient de "génocide" la déportation des colons français, un point de vue que réfute le principal historien acadien, Maurice Basque. "Le 'Grand Dérangement' n'était pas un génocide, mais plutôt un nettoyage ethnique avant la lettre. Les Britanniques n'avaient pas l'intention de tuer les Acadiens, mais de les assimiler."

Basque note que le plan britannique a échoué. Dès 1764, les Acadiens, qui ont erré jusqu'en Europe dans l'espoir de se trouver de nouvelles terres, reviennent en masse dans les provinces maritimes du Canada. Ils sont aujourd'hui 300 000 à vivre et parler français dans quatre provinces majoritairement anglophones. Des milliers des leurs, qui n'ont jamais pris le chemin du retour, parlent toujours français en Louisiane, aux Etats-Unis. Un Québécois sur sept aurait un ancêtre acadien.

En France, deux tentatives d'installations ont lieu, l'une à Belle Ile en Mer et l'autre dans le Poitou.
Mais leurs aventures ne s'arrêtent pas la, car en 1785 certains d'entre eux retraversent l'océan Atlantique pour s'installer en Louisianne ou il viendront grossir le nombre des Cajuns.

La colonie Acadienne du Poitou

A la fin de juillet 1772 un conseil du Roi tenu à Compiègne décide d'installer les Acadiens qui résident dans les ports sur un établissement agricole qui reste à créer.
Le contrôleur général des finances,
Bertin, est chargé du projet. Il contacte le marquis de Pérusse des Cars qui a déjà une expérience dans ce domaine, car il avait fait défricher une partie de ses terres par une petite colonie d'Allemands.
Bertin lui demande donc d'installer sur sa seigneurerie de Monthoiron 150 familles acadiennes, soit 1500 personnes.
Fin 1773, les Acadiens arrivent à Chatellerault. ils sont 1472 en juillet 1774, mais le plus dur reste à faire, il faut défricher et construire les fermes.
Les Acadiens sont déçus car les travaux n'avancent pas vite, les terres ne sont pas aussi riches que celles de l'Acadie, seules quelques familles sont motivées par le projet. La contestation commence, certaines personnes refusent de travailler aux défrichements. De plus la moitié des Acadiens qui s'étaient dit laboureurs , sont en fait des marins. Enfin la mort de Louis XV, leur protecteur, ajoute un nouveau sujet d'inquiétude.
Turgot décide alors de renvoyer dans les ports ceux qui ne sont pas laboureurs. Beaucoup d'Acadiens quittent Chatellerault pour Nantes d'oú ils espèrent partir pour la Louisiane rejoindre ceux des leurs qui s'y sont installés. Ne resteront sur l'établissement que quelques familles qui, lassées des voyages, mèneront l'existence modeste et tranquille des paysans du centre de la France. 

D'après http://pagesperso-orange.fr/froux/poitou/acadiens.htm

 

La tragédie des Acadiens a servi de trame au célèbre poème Evangéline, de l'auteur américain Henry Wadsworth Longfellow, et au roman d'Antonine Maillet, Pélagie-la-Charrette. Au téléphone, Antonine Maillet nous a confié : "Les Acadiens sont des éternels déportés. Ce n'est pas nécessairement négatif. Ceux qui s'en sont sortis ont le sens du temps. Les Acadiens savent attendre que leur moment soit venu pour prendre leur place."


Laura Julie Perreault  

Article paru dans l'édition du 29.07.05

 Pour en savoir plus :

 http://www.cyberacadie.com/acadie_1755_1763.htm

Origine du mot « Acadie »

Histoire de l'Acadie

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