L’Original Dixieland Jass Band


Carte postale de 1918

Les musiciens de l'ODJB à l'époque de l'enregistrement "historique" de 1917
étaient
Nick La Rocca (cornet),
Larry Shields (clarinette), Eddie Edwards (trombone), Henry Ragas (piano) et Tony Sbarbaro (batterie)


L’
Original Dixieland Jass Band - alias Original Dixieland Jazz Band (à partir de 1918), (ODJB) - est un quintette américain formé de musiciens blancs mené par le cornettiste Nick La Rocca. C'est la première formation à enregistrer, en 1917, un disque de jazz.
Tout commence à La Nouvelle-Orléans, quand, un soir de décembre 1915, Harry
H. James, propriétaire d'un night-club de Chicago, repère dans la rue un orchestre en train de jouer pour faire la promotion d'un match de boxe. Il s'agit du Papa Jack Laine's Reliance Brass Band, dont le cornettiste, Dominic James, dit « Nick La Rocca », l'enchante. Après le match, Harry va saluer le cornettiste, puis le suit au Haymarket Cafe pour le voir jouer avec la formation du batteur Johnny Outha Stein, le Stein's Dixieland Jass Band.  Harry James tombe sous le charme et convainc l'orchestre de venir à Chicago, où il arrive au début de l'année 1916. Outre le batteur Stein et le cornettiste La Rocca, il est composé du clarinettiste Alcide Nunez, du tromboniste Eddie Edwards, et du pianiste Henry Ragas. Bien qu'un peu pâlot, la formation rencontre un succès immédiat. Bientôt, Stein prend la porte, remplacé à la tête du groupe par Nick La Roca qui engage le batteur Tony Sbarbaro.

Ils partent ensuite pour New York où ils trouvent des engagements grâce aux recommandations du chanteur et acteur Al Jolson, qui, dix ans plus tard, deviendra le premier homme à parler au cinéma. L'aspect visuel (coulisse du trombone guidée avec le pied...) et les gimmicks pittoresques (bruits de klaxons, imitations de bruits d'animaux...) passent souvent avant la musicalité.

En janvier 1917, le groupe enregistre pour le label Columbia mais, l'enregistrement n'étant pas concluant, les titres ne sont pas édités et les matrices détruites.

Le 26 février 1917, l'Original Dixieland Jass Band entre dans l'histoire du jazz en enregistrant pour le label "Victor Talking Machine Company" ce qui est considéré comme le premier disque de jazz : un 78 tours Livery Stable Blues et Dixie Jass Band One Step.

100 ans du jazz: l'improbable histoire du disque qui a amorcé une révolution musicale

Le disque est mis sur le marché le 7 mars 1917. Ce dernier connaît un énorme succès. En un an, plus de 1 million de copies sont vendues dans le pays. C'est le début d'une éphémère gloire pour l'ODJB, devenu Original Dixieland Jazz Band, qui enregistre pour Aeolian, Columbia (20 titres dont un nouveau tube : Soudan), Victor et Okeh. L'ODJB joue, pendant plusieurs mois, en Angleterre (mars 1919-juillet 1930). En 1925, Nick La Rocca, à la suite d'une grave dépression nerveuse, dissout l'orchestre.

En 1936, les quatre « survivants » du quintette se retrouvent pour enregistrer quelques titres pour le label Victor sous le nom d'Orignial Dixieland Five. Le succès n'est pas au rendez-vous. Une seconde tentative pour faire renaître le groupe échoue en 1940. Un ODJB sans La Rocca enregistre quelques titres pour le label Bluebird : ce sera un échec commercial. Dans les années 1940, quelques autres disques seront enregistrés par des formations portant le nom de l'ODJB (mais dont seul le batteur Tony Sbarbaro est issu de la formation d'origine): des V-Discs et quelques faces pour Commodore Records (1945 et 1946). Autoproclamés « créateurs du jazz » (The Creators of Jazz), les musiciens de l'Original Dixieland Jazz Band n'étaient pas de grands jazzmen. L'ODJB n'a d'ailleurs pas survécu quand, au début des années 1920, de vrais jazzmen ont commencé à être enregistrés. À l'ODJB revient le mérite d'avoir fait connaître le jazz, d'avoir ouvert la porte des studios à des musiciens plus intéressants et d'avoir éveillé des vocations chez de jeunes instrumentistes des années 1920. Bix Beiderbecke, par exemple, a toujours reconnu avoir été initialement inspiré par Nick La Rocca.

Le leader de l'Original Dixieland Jass Band, Nick LaRocca, est un fils d'immigrés siciliens débarqués à La Nouvelle Orléans. Porté par son "tube", il n'hésitera pas à se présenter comme l'inventeur du jazz - mieux: le "Christophe Colomb de la musique". Sur sa lancée, il tentera même de débarrasser le jazz de tout élément noir. En 1936, il écrit: "J'affirme que les Nègres ont appris à jouer ce rythme et cette musique des Blancs." Aujourd'hui, on parlerait de "faits alternatifs"( fake news). Car si l'Original Dixieland Jass Band a bien contribué à répandre le jazz, il n'en est nullement le créateur. Certes, la musique n'est pas née en milieu stérile: elle a forcément intégré des influences blanches (les marches militaires de John Philip Sousa), ou au minimum "mixte" (les minstrel shows, ces spectacles de vaudeville moquant les Noirs du Sud, souvent joués par des Blancs grimés). Le jazz n'en reste pas moins une expression fondamentalement afro-américaine, inspirée notamment du blues, du ragtime et des spirituals.


Ecouter

Livery Stable Blues

Sources:

http://www.lemonde.fr/festival/article/2017/08/05/le-premier-disque-de-jazz_5169008_4415198.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Original_Dixieland_Jass_Band

http://focus.levif.be/culture/musique/100-ans-du-jazz-l-improbable-histoire-du-disque-qui-a-amorce-une-revolution-musicale/article-normal-625215.html