La semaine des cultures oubliées

 

Découvrez les peuples du monde

 

Comment comprendre les arts « premiers » sans connaître les peuples qui les produisent ? Voici un aperçu de quelques-uns d’entre eux. La plupart de ces sociétés sont contemporaines. Elles s’efforcent aujourd’hui de perpétuer une partie de leurs modes de vie traditionnels.

 

Les Amériques

  • Akuntsu et Kanoê Brésil
  •  Aléoutes

    Rattachés à l’ensemble culturel inuit (anciennement Esquimaux), les Aléoutes peuplent les îles aléoutiennes et la pointe sud-ouest de l’Alaska. Pratiquant la chasse au phoque, ils s’adonnent aujourd’hui surtout à la pêche commerciale. Mais ce sont les techniques de chasse à la baleine qui firent jadis leur renommée : ils partaient seuls à bord de leurs kayaks pour harponner l’animal, le blesser tout en anticipant son lieu d’échouage. Le mode de vie et la langue aléoutes ont beaucoup souffert des colonisations russe puis américaine. On assiste aujourd’hui à leur revitalisation, comme en témoignera l’exposition du MAAO en novembre 2002.
     

  • Arara Brésil
  • Arhuaco Colombie
  • Awá Brésil

    Aymara

    L’aymara est d’abord une langue, déjà parlée dans l’Empire inca. On désigne aujourd’hui par ce terme un ensemble de populations amérindiennes métissées (entre elles et avec les Européens) vivant en Bolivie et au Pérou. Ces groupes sont organisés en communautés paysannes dont l’origine remonterait aux regroupements (reducciones) imposés par les colons espagnols. Le travail agricole y est presque toujours communautaire et s’organise en termes de réciprocité. Le christianisme est ici fortement teinté de l’esprit des croyances andines antérieures.
     

  • Ayoreo Paraguay
  • Enawene Nawe Brésil
  • Enxet Paraguay
  • Guarani Brésil
  • Indiens du Brésil Brésil
  • Indiens Isolés Pérou
  • Innu Canada

    Iroquois

    Le terme « Iroquois » désigne une confédération de plusieurs tribus vivant au sud et à l’est du lac Ontario au Canada. Chez les Mohawk, Oneida, Onondaga, Cayuga, Seneca et Tuscarora, la guerre et la chasse étaient des activités masculines, les questions familiales et agricoles étant affaires de femme. Chaque village était constitué d’un ensemble de maisons hautes et allongées où vivaient plusieurs familles. Aujourd’hui, les Iroquois sont connus pour avoir participé à l’édification de nombreux buildings aux États-Unis.

  • Makuxi Brésil
  • Nukak-Maku Colombie

    Taïno

    Les premiers Indiens rencontrés par Christophe Colomb étaient des Taïno. Ils occupaient Cuba, Saint-Domingue, Puerto Rico et la Jamaïque. On a estimé leur nombre à plus d’un million. Grands cultivateurs et très bons navigateurs, les Taïno avaient développé de nombreux liens commerciaux dans toute la Caraïbe. Malheureusement, l’empreinte que leur culture nous a laissée (de l’image stéréotypée du « bon sauvage » aux mots « ananas », « cacique », « hamac », « ouragan » ou « canot ») n’a d’égal que la rapidité de leur extermination. Plus de 90 % des Taïno ont disparu en moins de vingt-cinq ans.
     

  • Wichí Argentine
  • Yanomami Brésil

Afrique

  • Bushmen Botswana
  • Dogons

    L’un des peuples africains les plus connus, grâce à l’ethnologue Marcel Griaule, occupe un vaste territoire au sud du Mali, intégrant le plateau Dogon, les falaises de Bandiagara et la plaine du Seno. Essentiellement agriculteurs, les Dogons possèdent une mythologie très complexe qui s’exprime dans de nombreux rituels. Le plus marquant, appelé siguie, célèbre la mort du premier ancêtre et n’intervient que tous les soixante ans, en référence au cycle d’une vie. Ces cérémonies sont souvent accompagnées de processions de danseurs masqués qui forment une véritable société.
     

     

  • Maasai Kenya
  • Mbororo Afrique de l'Ouest
  • Mursi, Bodi & Konso Ethiopie
  • Nuba Soudan
  • Ogiek Kenya
  • Pygmées Afrique centrale
  • Touaregs

    Les communautés touaregs sont dispersées entre le Niger, le Mali, le Burkina Faso, l’Algérie et la Libye, dans les zones désertiques et semi-désertiques du Sahara et du Sahel. L’élevage de chameaux, de bovins et d’ovins constitue l’activité principale de ce peuple nomade et a supplanté le commerce caravanier d’autrefois. La société touareg s’organise en tribus révélant une organisation très hiérarchisée (religieux, artisans, esclaves...). Dans les tribus principales, les statuts et les titres sont transmis par les femmes, bien que la prééminence des hommes soit manifeste. Des soulèvements indépendantistes récurrents ponctuent la vie contemporaine des Touaregs.

  • Zoulous

    À l’origine simple clan d’éleveurs agriculteurs, cette population d’Afrique du Sud se constitue, au XIXe siècle, sous l’égide du roi Shaka, en véritable empire, de la côte de l’océan Indien aux montagnes intérieures. La principale richesse des Zoulous, le bétail, intervient pour l’alimentation, les rituels (sacrifices) et lors de transactions, notamment matrimoniales. La puissante force politique qui s’était formée résista un siècle durant à la colonisation avant de céder. Aujourd’hui urbanisés et industrialisés, les Zoulous sont le groupe majeur du pays et jouent un rôle politique important.
     

Asie et Océanie

  • Wanniyala-Aetto Sri Lanka
  • Aborigènes Australie
  • Amungme Indonésie
  • Hmong

    Forts d’une population de près de dix millions d’individus, les Hmong (appelés autrefois Mèo) vivent dispersés sur des zones montagneuses situées dans le sud de la Chine, mais aussi au nord du Vietnam et du Laos. Organisés en communautés villageoises de taille variable, ils vivent principalement d’une agriculture rizicole itinérante sur brûlis, lorsque celle-ci est autorisée par les États où ils sont intégrés. Les Hmong sont particulièrement connus pour leurs costumes très colorés, confectionnés par les femmes dès leur enfance, et dont les motifs sont propres à chaque village. Des communautés hmong ont immigré en France et aux États-Unis.

  • Jarawa Inde
  • Jumma Bangladesh
  • Khanty Russie
  • Kâfirs

    Vivant dans trois vallées à la frontière du Pakistan et de l’Afghanistan, au sud de la chaîne de l’Hindu kush, ce peuple d’agriculteurs et d’éleveurs est aussi appelé Kâfir noir, en référence aux costumes des femmes. Les Kâfirs ne rendent aucun culte particulier à la divinité qui dans leur mythologie a créé le monde, mais se préoccupent beaucoup des humeurs des esprits, bienveillants ou non. Un chaman sert notamment d’intermédiaire pour entrer en contact avec eux par le biais de la transe. Fortement islamisés, les Kâfirs tentent actuellement de maintenir leur langue et leurs rituels.

  • Kanaks

    Bien que vingt-huit langues soient parlées dans l’archipel, les Kanaks, peuple autochtone de Nouvelle-Calédonie, ont conscience d’appartenir à un même ensemble culturel. Le mode de vie traditionnel repose sur l’agriculture, la pêche et un fort attachement à la « coutume », ensemble des règles de la vie sociale. Chaque clan est très lié à la terre qu’il possède ou qu’il a occupée par le passé, et sur laquelle il continue d’exercer des droits. La colonisation par de nouveaux arrivants français en fut d’autant plus mal perçue.
     

  • Maoris

    Jusqu’à la colonisation totale par les Anglais, les Maoris, population indigène de Nouvelle-Zélande, vivaient de chasse, de pêche et d’agriculture. La société se divisait en tribus autonomes dont l’organisation interne était assez hiérarchisée. Les premiers explorateurs de la région furent notamment frappés par un art du tatouage très élaboré, appelé moko, qui semblait par ses motifs exprimer le nom, le rang ou la renommée de la personne qui les portait. Malgré une forte prolétarisation, les Maoris sont aujourd’hui engagés dans un processus de revitalisation culturelle.
     

  • Penan Malaisie
  • Peuples de Sibérie Russie
  • Tribus de Papouasie Indonésie
  • Trobriandais

    Cette société mélanésienne occupe un ensemble d’îles situées à l’est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et vit principalement d’horticulture et de pêche. Elle est devenue célèbre après que l’ethnologue Malinowski y a découvert un système d’échange circulaire très ritualisé d’objets de valeur hiérarchisée – colliers et bracelets – appelé Kula, qui enjoint le partenaire receveur à rendre, de façon plus ou moins différée, au donneur. Déroger à la règle ou redonner un objet de moindre valeur conduirait à une disgrâce.
     

  • Udege Russie
  • Warlpiri

    De nombreux groupes forment ce que l’on a coutume d’appeler les « Aborigènes » d’Australie. Parmi eux, les Warlpiri vivent dans la partie centrale de l’île, au cœur du désert. Avant la colonisation, de petits groupes nomades vivant de chasse et de cueillette se regroupaient à intervalles réguliers pour exécuter des rites d’initiation ou des mariages entre clans. La cosmologie warlpiri repose sur une conception originale du rêve. Ainsi Jukurrpa, le « temps du rêve », est à la fois le lieu du récit des pérégrinations d’ancêtres totémiques (animaux, végétaux ou hybrides), et un lien avec le réel permettant de retrouver des rituels mythiques oubliés.

     

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