Arnold SCHÖNBERG

Né en 1874 à Vienne, mort à Los Angeles en 1951

 

Giraud par Stevens

 

 

d’après Pierrot Lunaire, cycle de poèmes d’Albert Giraud poète symboliste belge.Ces textes expriment des états émotionnels extrêmes en vers simples, avec un fort caractère répétitif. On a beaucoup parlé de la « noirceur forcée » des poèmes de Giraud, pourtant Schönberg écrivit, bien des années plus tard, que l’œuvre avait été conçue sur un « ton léger, ironique, satyrique ». Le thème central est peut-être, comme certains l’ont dit, un « portrait de l’artiste » (description du clown-artiste perturbé et désorienté).

 

Le cabaret a joué un rôle important dans la carrière de Schönberg, en particulier lors de ses deux premiers séjours à Berlin en 1901-1903 et en 1911-1912. Commandée par l'actrice viennoise Albertine Zehme au début de 1912, l'œuvre était définie dès le départ comme un mélodrame. Ce genre, qui associe musique et texte récité, remonte au XVIIIe siècle et fut cultivé par Schubert, Schumann et Liszt qui cherchèrent à explorer l'espace compris entre le lied et le théâtre.

Dans Le Pierrot Lunaire, le langage semble dégagé de toute contrainte tonale, et le timbre et l'écriture accentuent la distance avec le passé. De plus, le texte n'est plus seulement noté rythmiquement, comme dans le mélodrame traditionnel, mais avec des hauteurs qui définissent ce que Schönberg a appelé Sprechgesang, une expression à mi-chemin entre le chanté et le parlé.

Si Le Pierrot Lunaire est devenu l'une des partitions emblématiques du XXe siècle, son originalité est due à la volonté de l'auteur "d'aller à la rencontre d'une expression nouvelle", ainsi qu'il le note dans son journal en mars 1912. Au croisement entre ses différentes sources - le mélodrame, le cabaret, la musique de chambre -, l'œuvre de Schönberg a réussi à proposer une combinaison inédite entre voix et chant.

http://www.orientalvevey.ch/archives/sept2003-mai2004/schonberg/schonberg.htm