La musique* dans la Grèce antique

*Pour les Grecs de l’Antiquité, ce mot ne désignait pas seulement l’art des sons, mais englobait aussi la poésie et la danse. Le mot dérive du mot Muse (η Μούσα, ης) comme d’ailleurs le mot musée.

Historique

Les caractéristiques de la musique grecque

Extraits

Voir aussi

 

Historique

 

De la musique grecque de l'Antiquité, il ne subsiste aujourd'hui que quelques mélodies d'époque tardive. Cette absence de documents est d'autant plus regrettable que la musique a joué - l'art et la littérature en attestent - un rôle de premier plan dans la vie quotidienne de la Grèce antique.

L'iconographie crétoise de l'âge du bronze illustre des lyres et des «flûtes» (aulos) très proches de celles qui étaient utilisées en Orient, mais, pour le reste, on connaît très mal la musique des civilisations minoenne et mycénienne. Les premières indications fournies par les sources littéraires remontent à Homère (fin du VIII e  siècle av. J.-C.), qui parle de chants de vendanges, de cantiques nuptiaux et d'aèdes professionnels qui récitent des poèmes héroïques en s'accompagnant d'une lyre phorminx.  

Le schéma de la vie musicale grecque se fixe vers 700 av. J.-C., après avoir subi une influence nouvelle de l'Orient. L'époque comprise entre 700 et 500 av. J.-C. est d'ailleurs qualifiée de «lyrique», car elle se caractérise surtout par le développement du lyrisme choral, genre qui mélange de façon complexe la poésie, la musique et la danse, et qui est étroitement lié aux grands événements de la vie de la cité. D'innombrables chœurs - d'hommes, de femmes, de garçons ou de jeunes filles - accompagnent de leurs chants les cérémonies religieuses, les mariages et les funérailles, les travaux des champs (et en particulier les moissons), ou célèbrent les victoires athlétiques. Des centres religieux comme Delphes ou Délos attirent des chœurs venus de tout le monde grec, tandis que les rencontres plus privées - par exemple les «symposiums», ou banquets arrosés - sont l'occasion d'écouter des chants en soliste. Les musiciens professionnels, joueurs d'instrument à cordes kitharistaï ou à vent aulêtaï, se mesurent à l'occasion de concours organisés dans le cadre des jeux Pythiques à Delphes et des grands festivals tels que les Panathénées d'Athènes.  

La musique n'évolue guère jusqu'à l'avènement, au V e  siècle, du théâtre comme grand genre poétique. Directement issues des spectacles choraux, la tragédie et la comédie perpétuent la tradition lyrique, notamment en accordant une grande place aux chœurs. En plus des concours d'art dramatique, Athènes organise un concours intertribal de chœurs dithyrambiques qui réunit chaque année un millier d'hommes et de jeunes gens. A cette époque, semble-t-il, l'enseignement du chant et de la lyre fait partie de l'éducation de base du citoyen. D'autre part, les Grecs ne conçoivent guère de divertissement sans la présence d'esclaves qui agrémentent les repas de leur musique (en jouant de l'aulos ou de la harpe) ou de leurs danses.  

La fin du V e siècle voit se développer une théorie musicale, et, aussi, un goût pour la virtuosité que Platon déplore mais qui se perpétuera au moins jusqu'au IV e  siècle. A l'époque hellénistique (que l'on fait commencer en 323 av. J.-C.), l'amateurisme conserve une grande place, mais le nombre des musiciens professionnels augmente; comme les acteurs, ils s'organisent en corporations et voyagent à travers tout le monde grec, qui s'est encore étendu à la suite des conquêtes d' Alexandre le Grand. Les artistes de renom sont des personnages adulés, qui ont droit aux plus grands honneurs.  


Les caractéristiques de la musique grecque


Par delà les changements qu'elle connaît au fil des siècles, la musique grecque présente quelques caractéristiques stables. Elle est essentiellement homophone, c'est-à-dire qu'elle est formée d'une unique ligne mélodique et ignore donc le contrepoint. Les accompagnements instrumentaux sont probablement rudimentaires au début, mais ils gagnent en complexité au V e  siècle. La musique grecque se caractérise aussi par des subtilités d'intonation que ne connaît plus la musique moderne et, sans doute, par une utilisation variée des modes.  

Les premiers morceaux de musique accompagnent généralement des poèmes, et la mélodie semble être influencée par la position de l'accent tonique, le poète et le musicien étant généralement une seule et même personne. Le rythme, régi avant tout par la métrique de la poésie, est parfois très élaboré, notamment dans le lyrisme choral.  

 

Les instruments


Les instruments de musique sont abondamment illustrés sur les peintures de vases. L'instrumentation est simple, et les interprètes sont peu nombreux; les chœurs dramatiques, par exemple, sont accompagnés par un unique joueur d'aulos. Les seuls instruments utilisés pour la musique sérieuse sont les aulos et différents types de lyres, dont les cordes sont touchées avec les doigts de la main gauche ou frappées avec un plectre tenu dans la main droite. La lyre la plus courante a pour caisse de résonance une carapace de tortue; c'est l'instrument des écoliers et des amateurs. Le barbiton, variante à cordes plus longues (et par conséquent plus grave), est utilisé lors des banquets, mais l'instrument du professionnel est la kithara, sorte de grande lyre, plus robuste, dont la résonance lui permet de se faire entendre en plein air ou dans une salle de concert.  

L'aulos est un instrument à anche, très comparable au hautbois, même s'il est courant de parler de «flûte» à son propos. Il est souvent double, mais la manière d'en jouer reste incertaine. La sonorité jugée excitante de cet instrument et ses connotations orientales le rendaient suspect aux yeux des puritains, bien que l'origine de la lyre ne soit pas moins orientale. Ces deux types d'instruments ont leur place dans les cérémonies religieuses. Parmi les autres instruments, la syrinx (ou flûte de Pan) est l'instrument favori des bergers et des chevriers; les harpes, surtout jouées par des femmes, ne sont guère prises au sérieux; les luths apparaissent tardivement, dans le sillage des conquêtes d'Alexandre; les trompettes et les cors ont des fonctions militaires plus que musicales, et les percussions (tambourins, cymbales et castagnettes) accompagnent d'abord les rites dionysiaques, avant de gagner progressivement les divertissements plus légers. 

 

Les mélodies


Quelques spécimens d'aulos ont été retrouvés, mais ils sont en mauvais état et ont perdu leur anche ou leur embouchure: ils nous aident donc peu à comprendre comment on en jouait. En dehors des textes relatifs à la théorie musicale, les spécialistes d'aujourd'hui ne disposent donc pour comprendre la musique grecque que de quelques mélodies qui constituent un corpus notoirement insuffisant. Les Grecs utilisaient deux systèmes de notation musicale, assez proches l'un de l'autre, qui reposaient sur l'alphabet; les traités nous en fournissent heureusement la clef.  
Il est peu probable que l'on ait noté des mélodies avant la fin du V
e  siècle; il n'y a donc guère d'espoir de retrouver la musique des grandes époques de la poésie grecque, bien que subsiste le brouillon mutilé d'une partition d'un chœur d'Euripide, que l'on doit peut-être au dramaturge lui-même. Les vestiges les plus importants qui nous soient parvenus sont deux hymnes, notés sur une pierre à Delphes, qui datent de la seconde moitié du II e  siècle av. J.-C. Assez bien préservés, ils ont pu être joués à l'époque moderne et enregistrés. Parmi les autres documents musicaux qui subsistent, citons une courte mélodie intacte, d'une date incertaine, gravée dans la pierre (épitaphe de Seikilos), un nombre peu important (mais qui augmente peu à peu) de papyrus assez récents, généralement en mauvais état, et quatre hymnes qui figuraient dans les traités théoriques.

 

Les «harmonies»


Les deux plus grands théoriciens grecs de la musique sont Aristoxène (IV
e  siècle av. J.-C.), un élève d' Aristote, et Ptolémée (II e  siècle apr. J.-C.), le célèbre astronome. Grâce à eux, on connaît assez bien la théorie grecque des harmoniai, c'est-à-dire des «harmonies» ou modes. Désignés par des noms d'ethnies (dorien, phrygien et lydien), ces modes ont été très étudiés mais avec des résultats contradictoires. Il est peu probable que l'on se serait autant intéressé au sujet si Platon et Aristote n'en avaient pas parlé en attribuant à chaque harmonia un caractère moral éthos. Les deux philosophes estiment qu'une des fonctions essentielles du théoricien politique est d'identifier les styles de musique qui conviennent à un Etat bien ordonné; Platon en particulier accorde une grande importance morale et politique à l'enseignement musical.  
Il est probable que certaines mélodies grecques du V
e  siècle gardaient un caractère oriental (même si elles étaient partiellement hellénisées), et que, dans cette musique modale, une harmonia se distinguait d'une autre non seulement par la gamme qui la caractérisait mais aussi par d'autres aspects, y compris par l'utilisation de formules mélodiques qui plaçaient un accent modal sur certaines notes particulières de la gamme (comme dans le raga indien ou le maqam arabe). Mais le goût pour la modulation et le développement de la théorie musicale vont sans doute estomper progressivement, à partir de la fin du V e  siècle, les différences qui existaient entre ces modes, de sorte que les traités théoriques et les mélodies qui sont parvenus jusqu'à nous rendent surtout compte de la musique «classique» et de l'approche «éthique».  

Les noms ethniques seront repris plus tard dans le plain-chant occidental, mais avec des changements de nomenclature qui sont sources de confusion. Ainsi, le mode du plain-chant connu sous le nom de mixolydien est un mode de «la», alors que le mixolydien de la théorie grecque tardive est un mode de «si» ; de plus, on ne sait pas dans quelle mesure l'harmonia mixolydienne - que les philosophes jugeaient adaptée aux lamentations - reposait sur une gamme allant de si à si. On sait en revanche que le dorien était un mode de mi.  

Mais l'interprétation simple des harmoniai en termes d'échelle diatonique est peu vraisemblable compte tenu de la distinction fondamentale qu'établit la théorie grecque entre des genres diatoniques, chromatiques et enharmoniques. L'échelle diatonique grecque ressemble à notre gamme diatonique moderne; l'échelle chromatique comprend deux altérations d'un demi-ton associées à une tierce mineure. L'enharmonique comporte deux quarts de ton associés à une tierce majeure. Même si de nombreux aspects de cette question restent obscurs, il est clair que la musique de l'époque classique possédait une grande diversité d'intervalles (y compris, dans certains cas, inférieurs au demi-ton) et différents types de demi-tons, de tons et de tierces mineures. L'utilisation de septièmes est attestée.  
 Sources:

http://www.memo.fr/Article.asp?ID=ANT_GRE_031

http://www.musicologie.org/sites/grece.html

EXTRAITS

Premier hymne* delphique à Apollon

Épitaphe de Seikilos

*un hymne  est un chant, poème à la gloire des dieux ou des héros, souvent associé à un rituel religieux.

Les concours de musique

Voir aussi:

  • Lire un hymne à Apollon, Hermès etc.

http://fr.wikisource.org/wiki/Hymnes_homériques

http://www.ecoles.cfwb.be/argattidegamond/Cartable%20musical/Antiquité/Dieux.htm

 

 

 Liens sur le site weblettres.net

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