Auteur : GROS Antoine-Jean (Baron) (1771-1835)

 

Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa, 11 Mars 1799.

 5,23 m; L. 7,15 m

Paris, musée du Louvre

Crédits : © CGFA

 

Contexte historique

Sous les arcades d’une mosquée reconvertie en hôpital de campagne, Bonaparte touche les pustules d’un soldat debout, à demi vêtu d’un drap. Desgenettes, le médecin en chef de l’armée, surveille attentivement le général tandis qu’un soldat cherche à écarter la main de Bonaparte pour lui éviter la contagion. A droite un autre soldat, entièrement nu, soutenu par un jeune Arabe, est pansé par un médecin turc. Un officier, atteint d’une ophtalmie, s’approche à tâtons en s’appuyant sur une colonne. Au premier plan, un malade agonise sur les genoux de Masclet, jeune chirurgien militaire lui-même atteint par la maladie. Derrière le général, deux officiers français apparaissent effrayés par la contagion : l’un se protège la bouche avec son mouchoir tandis que l’autre s’éloigne. Sur la gauche de la composition, au milieu des malades gisant sur le sol, se tient un majestueux groupe d’Arabes qui distribuent des vivres.

Analyse de l'image

Sous les arcades d’une mosquée reconvertie en hôpital de campagne, Bonaparte touche les pustules d’un soldat debout, à demi vêtu d’un drap. Desgenettes, le médecin en chef de l’armée, surveille attentivement le général tandis qu’un soldat cherche à écarter la main de Bonaparte pour lui éviter la contagion. A droite un autre soldat, entièrement nu, soutenu par un jeune Arabe, est pansé par un médecin turc. Un officier, atteint d’une ophtalmie, s’approche à tâtons en s’appuyant sur une colonne. Au premier plan, un malade agonise sur les genoux de Masclet, jeune chirurgien militaire lui-même atteint par la maladie. Derrière le général, deux officiers français apparaissent effrayés par la contagion : l’un se protège la bouche avec son mouchoir tandis que l’autre s’éloigne. Sur la gauche de la composition, au milieu des malades gisant sur le sol, se tient un majestueux groupe d’Arabes qui distribuent des vivres.

 

Interpétation
Cette oeuvre qui annonce le romantisme est une commande de Napoléon pour répondre aux rumeurs l'accusant d'avoir fait empoisonner des soldats français atteints de la peste lors de la campagne de Syrie. Réalisée et exposée en 1804, au moment de la création de l'Empire, cette oeuvre de propagande prend alors une autre dimension.

Le tableau  fut commandé à Gros par Bonaparte en dédommagement du retrait de la commande du Combat de Nazareth, autre épisode de la campagne d’Egypte où s’était par trop illustré le général Junot. Le programme lui en fut dicté par Dominique Vivant Denon, directeur du Louvre, qui avait participé à l’expédition, et le tableau achevé en six mois pour le Salon de 1804, ouvert le 18 septembre, quelques semaines avant le sacre de Napoléon. Cette composition, où éclate le génie de coloriste de Gros, visait à mettre en valeur le courage de Bonaparte qui, pour apaiser l’inquiétude de ses troupes face aux ravages de la peste, s’était lui-même exposé à la contagion en visitant les soldats malades à l’hôpital de Jaffa. Mais en 1804 ce fait militaire assez banal pouvait servir à accréditer la légitimité des aspirations impériales de Bonaparte : le geste du général touchant avec une sérénité souveraine les pustules d’un malade renvoyait, dans la conscience des contemporains, à ce moment du rituel du sacre où le roi de France exerçait son pouvoir thaumaturgique en touchant les écrouelles des lépreux.

Voir aussi


Jean-Baptiste THIEBAULT , Bonaparte touchant les pestiférés.
Musée national des Arts et Traditions populaires