LE DICTIONNAIRE

Un article à la loupe

Yvonne Cazal

L’article est l’unité de base du dictionnaire. Il doit être à la fois concis et complet. Il faut abréger, user de signes conventionnels, se plier à un plan codifié, superposer des informations de nature différente et... rester lisible. 

 LA STRUCTURE DU DICTIONNAIRE

L’entrée, ou mot-vedette, en capitales grasses, peut être un mot (loup), une expression (va-vite (à la), un préfixe (PHIL-, PHILO-) ou un suffixe (-PHILE) puisés dans le lexique (l’ensemble des mots d’une langue), dont l’inventaire écrit est le dictionnaire (du latin dictiones : les mots).


La nomenclature est l’ensemble des mots répertoriés. Quelle que soit son ampleur (de 1 000 entrées pour Mon premier dictionnaire à 450 000 pour le Trésor de la langue française), aucun dictionnaire ne contient tous les mots d’une langue. S’il représente une sous-partie du lexique (le bon usage, l’argot, le vocabulaire de l’informatique, etc.), le dictionnaire est sélectif. Dans le cas contraire, s’il prétend refléter la langue dans son ensemble, il est extensif.


Le dictionnaire est prescriptif s’il comprend, outre la description des mots, un jugement sur leur emploi (« dites », « ne dites pas », par ex. le Dictionnaire de l’Académie française). Le dictionnaire spécialisé privilégie un seul aspect de l’information sur le mot (dictionnaire d’orthographe, étymologique, des synonymes, etc.). Le dictionnaire général cumule toutes les approches.


L’article de dictionnaire (ex. : loup) adopte une démarche analogique par des renvois (signalés par ( ou par *, pour « voir »), qui invitent à se reporter à d’autres entrées. Celles des dérivés (( louvet, ( louveterie, ( loupé, ( loulou, II, à la deuxième entrée du mot), des synonymes (( 2. bar, au sens 2 de ce mot). Par là, on peut recomposer le champ sémantique du mot, l’ensemble des mots (louve*, chien*, hurler*, bergerie*) du domaine évoqué par le nom Loup (que l’ordre alphabétique a l’inconvénient de séparer) : son habitat (( liteau), ses cousins (( lycaon). Une circulation est ainsi organisée dans le dictionnaire qui, seule, permet l’apprentissage de mots nouveaux. 

IDENTIFIER LE MOT DANS  LA LANGUE

L’article de dictionnaire place le mot-vedette au croisement d’un axe horizontal où il situe le mot dans le système de la langue française contemporaine et d’un axe vertical qui inscrit ce sens actuel dans une histoire du mot.
Sur le premier axe, la carte d’identité du mot : son orthographe (donnée avec l’entrée), sa prononciation (la transcription [lu] pour loup, en API, alphabet phonétique international) et sa nature grammaticale (n. m. pour « nom masculin »).
Les informations sur l’histoire du mot depuis son apparition dans la langue sont dispersées dans l’article et très abrégées. Ainsi la première phrase, leu XIe (cf. à la queue leu leu) puis lou, loup, v. 1180 ; forme refaite d’apr. louve ; lat. lupus, se lit : le mot apparaît en français au XIe siècle, sous la forme leu, (qui survit dans l’expression « à la queue leu leu »), refaite dès 1180 en lou (pour rapprocher le mot de son féminin louve), puis en loup où le « p » inscrit le souvenir, uniquement graphique, de l’étymon (lat. pour « mot latin ») de même sens, lupus. Dans les dictionnaires historiques ou étymologiques, les sens successifs ou ajoutés que le mot a pris au fil du temps sont disposés chronologiquement, du plus ancien au plus récent. Dans le dictionnaire général, ils sont présentés et numérotés (1(, 2() par ordre de fréquence décroissante en français contemporain. Les dates, données entre parenthèses qui précèdent chaque sens ou presque du mot permettent aussi de reconstituer l’histoire du mot. Par exemple, en 5(, (1680) ne marque pas le premier emploi réel (oral) du mot par un de nos ancêtres mais sa plus ancienne attestation (sachant que cet enregistrement écrit est le plus souvent en retard sur l’usage parlé). Les progrès du dépouillement des textes par les lexicographes font bien souvent reculer cette datation d’une édition du dictionnaire à l’autre.
Tous les mots du dictionnaire sont certes du français, mais une langue est faite de différents registres et leur emploi obéit à des usages sociaux que précisent les marques d’usage (arg., cour., didact., littér., pop., rare, vulg., pour « argotique, courant, réservé à la langue savante, à la langue littéraire, populaire, rare, vulgaire »). Ainsi en 2(, fam. (pour « familier ») signale que l’expression mon loup est courante et admise dans la langue parlée ordinaire et dans la langue écrite un peu libre pour s’adresser à un enfant ou à un être cher mais qu’elle constituerait un écart incongru dans un traité philosophique sur l’amitié ! Des marques de domaine (techn., métall., typogr., etc., recensées en tête du dictionnaire, dans la table des abréviations) précèdent parfois l’explication pour indiquer que le mot dans son ensemble (ou un de ses sens) appartient au vocabulaire spécifique d’une profession, d’une science particulières. Ainsi, 6( techn. indique que loup, à partir d’un sens disparu de « lésion due à la morsure du loup », a pris dans la langue technique du bâtiment ou de la couture, de la métallurgie puis de la typographie, les sens spécialisés de « malfaçon, agglomération de matière mal fondue, lacune ». 

LE SENS ET LES EMPLOIS

La définition est une courte formule permettant, à l’aide de termes connus, d’identifier la réalité du monde désignée par le mot (la suite de lettres l-o-u-p à l’écrit, de sons [lu] à l’oral) dont le sens est inconnu. De même nature grammaticale que le mot à définir (la définition du nom loup est elle-même un nom : « mammifère carnivore », celle du verbe louper est un verbe : « ne pas réussir »), elle peut se réduire à un synonyme plus courant (comme dans le dictionnaire bilingue : loup : wolf). Le plus souvent, elle est faite de plusieurs mots (c’est une périphrase) qui classent dans un genre : l’animal désigné par le mot loup est rangé dans la catégorie « mammifère carnivore » – ce qui ne suffit pas à le différencier du lion ou du tigre. Trop large, la définition est complétée par les caractéristiques de l’objet à définir (« museau pointu, oreilles toujours droites, queue touffue pendante ») qui le distinguent d’un objet proche dans le genre (le chien), évocateur parce que plus courant et avec lequel on pourrait le confondre. L’article de dictionnaire fournit autant de définitions qu’il distingue de sens (séparés par le signe () et de nuances (signalées par () différents. Le sens propre (1() précède les sens résultant de l’emploi du mot par image (2( à 6(), dont l’apparition peut être explicitée. Ainsi, un sens nouveau peut aussi provenir de l’extension de l’appellation à un objet voisin (( par ext. Loup peint. ( lycaon). Un commentaire explicatif (entre parenthèses) vient parfois expliciter un sens surprenant (4( (à cause de sa voracité) Poisson), éclairer une allusion (par allus.) à l’œuvre dans une expression, citer le latin dont elle est le calque (« Homo homini lupus »).
L’exemple, présenté en italiques, met le mot en situation. Sa première fonction est de remplacer un commentaire grammatical en montrant avec quels autres mots peut être combiné le mot-vedette (constructions verbales, classes d’adjectifs admis par un nom, formation de dérivés : Le loup, la louve et leurs louveteaux, etc.). Toujours très bref, enregistré de l’usage courant ou emprunté à un auteur (c’est alors une citation entre guillemets, « Les loups mangent gloutonnement », si tronquée et banale que l’on voit que l’auteur,  La Fontaine, n’est là que comme garant d’un usage excellent de la langue), c’est un modèle proposé à l’imitation.
Mais surtout, là où la définition considère le mot loup comme un élément du lexique, l’exemple donne accès aux clichés, locutions (loc.), proverbes (loc. prov.) témoignant des croyances et de la symbolique associées à cet animal. Par où l’article de dictionnaire de langue rejoint l’encyclopédie et s’ouvre sur le monde...

SCÉRÉN - CNDP.

Le petit Larousse dictionnaire multimédia 2005

loup

(latin lupus)

nom masculin

1. Mammifère carnivore, à pelage gris jaunâtre, vivant en meutes dans les forêts d'Europe, d'Asie et d'Amérique, exterminé en France depuis 1930. (Cri : le loup hurle. La femelle est la louve, le petit le louveteau. Nom scientifique Canis lupus ; famille des canidés.)

- Être connu comme le loup blanc : être connu de tout le monde.

- Hurler avec les loups : se joindre aux autres pour critiquer ou attaquer

- Jeune loup : jeune homme ambitieux, soucieux de faire carrière.

- Vieux loup de mer : marin expérimenté.

- Se jeter dans la gueule du loup : s'exposer de sa propre initiative à un grand danger

2. Loup marsupial : thylacine.

3. Régional (Midi). Nom donné à plusieurs poissons voraces, en particulier au bar.

4. Masque de velours ou de satin noir, couvrant le pourtour des yeux.

5. TECHNIQUE Erreur, oubli, malfaçon irréparable dans la confection d'un ouvrage.

 

Le Petit ROBERT dictionnaire multimédia Version 2.0

loup [lu] n. m.

leu XIe (cf. à la queue leu leu) puis lou, loup v.  1180; forme refaite d'apr. louve; lat. lupus 

1¨  Mammifère carnivore vivant à l'état sauvage en Scandinavie, en Asie occidentale et au Canada, et qui ne diffère d'un grand chien que par son museau pointu, ses oreilles toujours droites et sa queue touffue pendante. Pelage roux (Þ louvet) , gris ou blanchâtre du loup. Bande de loups affamés. « Les loups mangent gloutonnement » (La Fontaine). Tanière du loup. Þ 2. liteau. Le loup, la louve* et leurs louveteaux. Le loup hurle. — Chasse au loup. Þ  louveterie. Piège à loups.

à Par ext. Loup peint. Þ lycaon.

à Homme-loup. Þ loup-garou, lycanthrope.

à Loc. Une faim de loup : une faim vorace. Un froid de loup, très rigoureux.

À pas de loup. Entre chien et loup. Se fourrer, se jeter, se précipiter dans la gueule du loup. Crier au loup : avertir d'un danger (parfois en exagérant son importance). Hurler avec les loups. Être connu comme le loup blanc, très connu (par allus. à la facilité avec laquelle étaient repérés ces loups beaucoup plus rares que les loups fauves). Enfermer, laisser entrer le loup dans la bergerie. Avoir vu le loup : ne plus être vierge, en parlant d'une jeune fille. — Loc. prov. La faim fait sortir le loup du bois. Les loups ne se mangent pas entre eux : les méchants, les gens malhonnêtes ne se nuisent pas entre eux. Quand on parle du loup, on en voit la queue, se dit lorsqu'une personne survient au moment où l'on parle d'elle. L'homme est un loup pour l'homme (« Homo homini lupus ») : il est féroce, impitoyable.

à Fourrure de cet animal. Un manteau de loup.

à (1966) Cour. JEUNE LOUP : politicien, homme d'affaires jeune et ambitieux. Un jeune loup aux dents longues. Par ext. Les jeunes loups du sport, du spectacle.

2¨ (1890) Fam. Terme d'affection à l'égard d'un enfant, d'un être cher. Mon loup, mon gros loup, mon petit loup (Þ loulou, II).

3¨ (1758)LOUP DE MER : vieux marin qui a beaucoup navigué et à qui ses longs voyages ont fait les manières rudes, l'humeur solitaire. — (1873) Marin très expérimenté. De vieux loups de mer.

4¨ (à cause de sa voracité) Poisson comestible de la Méditerranée. Þ  2. bar. Loup au fenouil.

5¨ (1680) Masque de velours ou de satin noir, couvrant une partie du visage, que portaient autrefois les dames lorsqu'elles sortaient. — Ce masque, qu'on porte aujourd'hui dans les bals masqués.

   6¨ (1832) Techn. Malfaçon dans un ouvrage de construction, de couture. Þ loupé. —              Métall. Agglomération de matière mal fondue se formant dans un minerai en fusion. — Typogr. Lacune dans une copie.

 

 

TLFI   

Trésor de la langue française informatisé 

http://atilf.atilf.fr

 

LOUP, LOUVE, subst.
I. Subst. masc.
A.   1. Mammifère carnassier (de la famille des Canidés) dont l'espèce commune se caractérise par un pelage jaunâtre, mêlé de noir, un museau effilé, des oreilles droites, des yeux jaunes, une queue touffue. Bande de loups; meneur de loups; piège à loups; chasser les loups; grand loup, vieux loup, grand vieux loup. La voix rauque et solitaire de quelques loups de la forêt voisine (KRUDENER, Valérie, 1803, p. 134). Un traîneau, arrêté dans la neige, au milieu d'un cercle de loups aux dents luisantes, aux yeux de braise (THARAUD, An prochain, 1924, p. 45). La grande majorité des Canidés sont plus ou moins carnivores (...). La chasse est soit solitaire (Renards), soit collective (Loups, Lycaons) (Zool., t. 4, 1974, p. 1070 [Encyclop. de la Pléiade]):

-1. La terreur du loup semble justifiée par l'aspect du grand fauve gris aux yeux dorés. Un loup d'Europe pèse de 40 à 60 kilos, parfois plus de 80, mais il est surtout, à poids égal, d'une puissance sans commune mesure avec celle d'un berger allemand (...). Solidement campé sur des pattes fines, nerveuses, il peut parcourir 150 kilomètres par jour...
Rustica, 5-12 nov. 1980, p. 51.

 Expr. et loc.
-Froid de loup.
Froid rigoureux. Ils arrivaient au bois, par des froids de loup qui leur piquaient le nez et les lèvres (ZOLA, Curée, 1872, p. 495).
- Soleil des loups. Synon. littér. de lune. Dans la nuit large et fraîche où brillait le soleil des loups (...) des taches de lune tombaient (GENEVOIX, Raboliot, 1925, p. 65).
- Entre chien et loup (cf. chien1 et entre I C).
- Il fait noir comme dans la gueule du loup. Il fait très noir. (Dict. XIXe et XXe s.).
- Vieilli. Savoir la patenôtre du loup, la prière aux loups. Connaître les paroles susceptibles de conjurer la menace du loup. Berger immobile, un taciturne qui connaissait toutes les étoiles et savait la prière aux loups (GENEVOIX, Raboliot, 1925p. 140). Enfant loup (v. enfant rem.).
2. P. méton. Fourrure de cet animal. Veste en loup blanc (Jardin des modes, janv. 1951, p. 45).
3. P. métaph.
a) Personne qui évoque un loup par son aspect extérieur, ses traits physiques. Capitaine Schreiner. C'était un petit loup nerveux, au nez pointu et aux yeux durs (MALRAUX, Espoir, 1937, p. 491).
-De loup (loc. adj.). Qui évoque un loup. Dents, yeux, etc., de loup. Foux, avec sa tête de loup à l'affût, les oreilles droites, le museau pointu, les yeux luisants (ERCKM.-CHATR., Ami Fritz, 1864, p. 10).
Expr. et loc.
-Appétit* de loup. M'épouvantant, par un appétit de jeune loup
(MALLARMÉ, Corresp., 1864, p. 141). Faim* de loup. À pas* de loup.
-À la queue du loup; aller queue à queue comme les loups.
Synon. de (aller) à la queue leu leu. Se suivant à la queue du loup, deux longues files d'hommes et de femmes (FLAUB., Champs et grèves, 1848, p. 306).
- Dévorer, manger comme un loup. Dévorer, manger avec avidité. Leuwen mangeait comme un loup (...). Et moi, (...) je ne puis pas avaler un seul morceau (STENDHAL, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 166).
- Vieilli. S'enrhumer, être enrhumé comme un loup. Edouard Fould, enrhumé comme un loup et très démoralisé (MÉRIMÉE, Lettres à une autre inconnue, 1870, p. 102).
- Être connu comme le loup blanc*.
-Vieilli.
[À propos d'un bâtard] Il est comme les loups, il n'a jamais vu son père. (Dict. XIXe et XXe s.).
b) [À propos d'une chose] Les loups du vent hurlent à ma porte (RENARD, Journal, 1897, p. 442).
4. P. anal., ZOOL. Mammifère carnassier voisin du loup commun ou lui ressemblant.
- Loup aboyeur/américain, loup de(s) prairies. Synon. de coyote. Quelques loups de prairies, en troupes nombreuses, maigres, affamés (VERNE, Tour monde, 1873, p. 187).
-Loup doré. Synon. de chacal. (Dict. XIXe et XXe s.).
-Loup peint/tacheté. Synon. de lycaon. (Dict. XXe s.).
-Loup rouge:

-2. Lorsque le Patagon prononça le mot «aguara», Glenarvan reconnut aussitôt le nom donné au loup rouge par les Indiens de la pampa. Ce carnassier, le «canis-jubatus» des naturalistes, a la taille d'un grand chien et la tête d'un renard; son pelage est rouge cannelle, et sur son dos flotte une crinière noire qui lui court tout le long de l'échine.
VERNE, Enf. cap. Grant, t. 1, 1868, p. 175.

B.  P. méton.
1. Représentation du loup, à valeur symbolique. Les signes militaires des cohortes, l'aigle, le dragon, le loup (CHATEAUBR., Martyrs, t. 1, 1810, p. 280).
- HÉRALD. Le loup passant se représente comme le lion passant, (...) c'est-à-dire dans l'attitude de la marche, la patte dextre levée (ADELINE, Lex. termes art, 1884). Au tour de ce blason (...) reconnaissez-vous un loup, qui primitivement a dû être d'or, et des tourteaux qui ont dû être de gueules? (BOURGET, Cosmopolis, 1893, p. 11).
2. JEUX. [Le loup étant figuré par des pers. ou par des pions sur un damier] Le plan d'un jeu appelé jeu du loup (E. DE GUÉRIN, Lettres, 1837, p. 131). Il semble qu'on joue au «Loup, y es-tu?» des enfants (GIDE, Retour Tchad, 1928, p. 966).
C.   P. anal.
1. ASTRON., vx. Constellation australe. L'époque où le Soleil franchit le passage vers les signes inférieurs, à l'équinoxe d'automne, près duquel est le loup céleste, animal consacré à Mars (DUPUIS, Orig. cultes, 1796, p. 194).
2. COST. Masque couvrant le pourtour des yeux. Loup de satin, de soie. Ses yeux brillaient dans les trous de son loup de velours noir (REIDER, Mlle Vallantin, 1862, p. 48). On trouve partout [à Venise] des masques, ou plus exactement des demi-masques, des loups (...). Dans ce demi-visage noir, impassible, le regard vient directement de l'âge d'or (GIONO, Voy. Ital., 1953, p. 152).
3. PÊCHE. Filet de pêche maintenu par trois perches en angle. (Dict. XIXe et XXe s.).
4. a) MÉD., PATHOL. Lésion cutanée ulcéreuse. Synon. lupus. Une nouvelle éruption lui envahissait les épaules (...) posait sur le haut de son visage un affreux placard en ailes de chauve-souris, une espèce de loup rougeâtre et pustuleux (H. BAZIN, Qui j'ose aimer, 1956, p. 90).
b) IMPR., THÉÂTRE, TECHNOL. Défaut, malfaçon, lacune. On n'a pu empêcher qu'il y ait là un trou, un manque au milieu du drame, ce qu'on appelle un «loup» dans l'argot des acteurs et des mécaniciens (A. DAUDET, Crit. dram. 1897, p. 91). Il voyait tout, tous les défauts, tous les «loups» (VIALAR, Zingari, 1959, p. 71).
- P. méton. Objet présentant un défaut. [L'expert] - Vous avez de bonnes choses (...) dans votre petit musée et vous allez flanquer, sous les yeux des amateurs, des loups sans nom! (LA VARENDE, Bric-à-brac, 1953, p. 51).
c) MÉTALL. Loup (de fonte). Masse minérale mal fondue qui risque de provoquer une obstruction. Les fours [à l'avant-creuset] ont l'inconvénient de ne pas entraîner assez facilement les matières gênantes, ce que l'on appelle les loups (GUILLET, Métall. gén., 1923, p. 258). Surveiller la température de la fonte afin d'éviter la formation de loups de fonte dans le bain, qui mettent la poche hors service (BARNERIAS, Aciéries, 1934, p. 27).
5. TECHNOLOGIE
a) Pince pour arracher les clous. (Dict. .IXe et XXe s.).
b) HIST. MILIT. Machine de guerre défensive contre les béliers. Les tenailles à prendre les béliers s'appelant des loups (FLAUB., Salammbô, t. 2, 1863, p. 80).
6. TEXT. Appareil à grosses dents métalliques servant à battre et briser la laine. La préparation de la filature commence pour le cardé par le travail en vrac du «loup batteur» qui (...) est composé de deux arbres à bras conjugués venant battre la laine (...). A cette machine succède le «loup briseur» (...). Puis vient le loup à carder (R. THIÉBAUT, La filature, p. 81 (Q.S. no 537) ds ROB. Suppl. 1970).
7. ZOOLOGIE
a) Poisson vorace de diverses espèces (anarrhique, brochet et bar notamment). Des monceaux de mulets bleuâtres et des loups écaillés d'argent, dont les ouïes portaient une même entaille écarlate (MAURRAS, Chemin Paradis, 1894, p. 128). Bar commun (...) appelé aussi (...) Loup (...). Le ventre est blanc argenté (COUPIN, Animaux de nos pays, 1909, p. 195).
Rem. Loup est la var. méridionale du bar commun. Loup au fenouil.
b) Loup marin, loup de mer. Phoque de diverses espèces. Nous n'avons aperçu aucune loutre de mer; nous leur avons montré des échantillons de nos peaux (...): ils ne semblaient pas y mettre plus de prix qu'à celles des loups marins, dont ils font leurs bottes (Voy. La Pérouse, t. 3, 1797, p. 111). Phoque proprement dit (...) appelé aussi Veau marin, Chien marin, Loup marin (COUPIN, Animaux de nos pays, 1909p. 40).
D.    P. métaph. [Gén. à propos de pers., parfois à propos de choses]
1. Personne avide, brutale, cruelle. Tu pouvais faire de moi un lion; le bon de mon coeur pouvait grandir sous tes caresses (...); la souffrance a fait de moi un loup féroce (BOREL, Champavert, 1833, p. 231). Charles, l'aîné (...) est un lion généreux et brave; François, le cadet, est un loup poltron et perfide. Le premier a la puissance du bien, le second celle du mal (SAND, Hist. vie, t. 1, 1855, p. 192)