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NOTRE DAME du SABLON

Peeter Snayers,

La fête du Sablon à Bruxelles en présence de l'archiduc Guillaume, le 23 avril 1651, toile, 140 x 249 cm, Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

Au Moyen-Age, le sablon était une plaine sablonneuse déserte dont le centre était occupé par un marais appelé Zavelpoel. Elle servait de cimetière à l'hospice Saint-Jean. Chapelle des Arbalétriers à l'origine, l'édifice devint un lieu de pèlerinage très fréquenté. Les arbalétriers affectaient le choeur du bâtiment au grand serment. Quatre autres gildes militaires y élevèrent également un autel en l'honneur de leurs saints patrons (les arquebusiers à saint Christophe, les escrimeurs à saint Michel, les archers à saint Sébastien et saint Antoine et la gilde de la petite arbalète à saint Georges). Lorsque au XVIe siècle l'église Notre-Dame du Sablon jouissait des faveurs princières (Charles le Téméraire fit construire un accès direct du palais à l'église et il y fit baptiser sa fille Marie, Marguerite d'Autriche institua la procession du mois de juillet), le succès du quartier est assuré et les nobles viennent s'y installer. A l'époque, le quartier est également réputé pour les nombreuses fêtes et processions qui y sont organisées. Située à la lisière du quartier populaire des Marolles, l'église abrite la sépulture en marbre noir de Pierre Breughel l'ancien, décédé en 1569.

*Par son thème et sa composition, le tableau de Snayers s'inscrit dans une vivante tradition de l'imagerie bruxelloise. Le gouverneur du moment y est représenté comme un participant actif, sinon comme le vainqueur final et le roi de la guilde, lors du tir à l'oiseau organisé par la corporation du Petit Serment des arbalétriers devant l'église Notre-Dame au Sablon. Le tableau 'L'infante Isabelle abattant l'oiseau au tir du Grand Serment, le 15 mai 1615 au Sablon à Bruxelles' (MRBAB, inv. 172), attribué à Antoon Sallaert, en est un exemple typique. Une autre toile conservée au Kunsthistorisches Museum à Vienne, montre un exploit identique réalisé par ce même archiduc Léopold Guillaume, mais peint cette fois par David Teniers II qui, comme Snayers, était attaché à la cour de Bruxelles. Dans le tableau de Snayers, un portrait en médaillon dans le coin inférieur droit précise le statut d'arbalétrier de l'archiduc. Entouré par une foule considérable, massée devant l'église, il n'est reconnaissable que parce qu'il occupe une position surélevée et qu'il porte un chapeau, ses sujets devant enlever le leur en sa présence (d'après Joost Vander Auwera, in 'Le peintre et l'arpenteur')

 

Remigio Cantagallina   [Sansepolcro / Florence (Italie) 1583 - Florence (Italie) 1636]
L'Eglise du Sablon
Plume à l'encre brune, aquarelle bleue sur esquisse à la pierre noire, sur papier
151/3 x 184/6 mm

Voir aussi:

Le maître de la vue de Sainte Gudule