Boîte à outils

Bruxelles

J.B. Bonnecroy,
Vue de Bruxelles, détail, vers 1664/1665, toile, Bruxelles, Fondation Roi Baudoin, en dépôt aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

Vue de Bruxelles (1664-1665)    Toile 169 x 301,5

 

 

 

 

 

 

 

Porte de Schaerbeek

 

 

 

 

 

Grosse Tour

 

 

Porte de Hal

 

 

 

La porte de Laeken

La porte du Rivage

Sts Michel et  Gudule

Église St Nicolas

Le palais ducal

Hôtel de ville

La porte de Flandre

Notre Dame du Sablon

Petite Écluse

Porte d'Anderlecht

A partir du XVIe siècle, la représentation du paysage se fait plus réaliste. Ces représentations témoignent du sens de l'observation de l'artiste et de la volonté d'identifier les paysages représentés. Dans le cas de la vue de Bruxelles de J.B. Bonnecroy (vers 1664-1665), la ville est clairement reconnaissable à sa morphologie et à sa topographie, sans parler des nombreux monuments représentés de telle façon qu'ils soient identifiables. A y voir de plus près, ils ne sont pas détaillés. C'est leur silhouette et leur emplacement qui permet de les reconnaître. A mi-chemin entre la cartographie et le paysage, l'oeuvre permet en un clin d'oeil d'avoir une vue sur toute la ville et ses bâtiments importants.

"La Vue de Bruxelles" de J.B. Bonnecroy faisait partie du patrimoine des ducs d'Arenberg jusque vers 1960. L'oeuvre voyagea ensuite aux Etats-Unis avant que la Fondation puisse la rapatrier en 1990, grâce au soutien de la Loterie Nationale. Elle a été confiée aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.


L'aspect de la ville, telle que nous la voyons reproduite ici, doit beaucoup à la médiation des archiducs Albert et Isabelle. C'est grâce à leurs interventions que de nombreux couvents, églises et bâtiments civils ont été érigés ou embellis. Le tableau est un document intéressant parce qu'il donne une image de la ville telle qu'elle se présentait avant 1664-1665, lorsque la tour de l'église Sainte-Catherine - encore inachevée sur la toile - a été terminée. Pour la topographie de Bruxelles, l'environnement rural et l'aménagement des routes en dehors de la ville revêtent une grande importance. Le peintre a voulu concilier un principe de cartographie à une projection architectonique correcte (d'après Helena Bussers, in 'Le peintre et l'arpenteur')

La vue panoramique de Bruxelles est peinte à partir d'une hauteur imaginaire, située au nord-ouest de la ville, en dehors de la deuxième enceinte, pas très loin de l'église Saint-Jean-Baptiste de Molenbeek (remplacée en 1836 par une nouvelle église), qui est reproduite avec une précision méticuleuse. Bonnecroy peint la ville dans une perspective à vol d'oiseau et s'est indubitablement fondé sur un plan existant. Il a sans doute trouvé sur le plan de la ville de Joan Blaeu, mais peut-être aussi sur celui de Martin de Tailly, édité en 1640, une localisation précise des portes et des demi-lunes reproduites de manière quasi cartographique et de nombreuses indications de monuments. A l'opposé des maisons peintes de manière assez raide, les monuments de Bruxelles sont facilement identifiables. On peut supposer que le peintre a d'abord réalisé un dessin de chacun de ces bâtiments importants, dessin qu'il utilise pour intégrer les constructions - souvent trop grandes - dans le réseau urbain compact de la ville (d'après Helena Bussers, in 'Le peintre et l'arpenteur')

Interprétation

La ville se déploie comme une carte géographique. A droite, la chaussée de Gand mène à la porte de Flandre (démolie en 1783). Au premier plan, un bras de la Senne coule presque parallèlement aux murs de la ville. Plus à droite, le bras occidental de la Senne entre dans Bruxelles par la Petite Ecluse à la hauteur de la porte de Ninove, dont il ne subsiste plus que deux pavillons d'octroi. A l'extrême droite, on reconnaît la seule porte de la ville qui existe encore, la porte de Hal, et au premier plan à gauche, la porte du Rivage (démolie après 1783). C'est là que le canal de Willebroek pénètre en ville à la hauteur de l'actuelle place de l'Yser. Plus à gauche encore se dresse la porte de Laeken (démolie en 1808) ; à l'extrême gauche on remarque la porte de Cologne, rebaptisée plus tard porte de Schaerbeek (démolie vers 1785) et à droite contre l'horizon, la Grosse Tour ('Wollendries') dévastée par une explosion en 1807 (d'après Helena Bussers, in 'Le peintre et l'arpenteur')